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	<title>Section Chapelle Goutte d'Or &#187; Coup de coeur / coup de gueule des militants</title>
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	<description>Section parisienne du parti Socialiste</description>
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		<title>DROITE – EXTREME-DROITE : UN DANGER POUR LA REPUBLIQUE</title>
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		<pubDate>Tue, 05 Apr 2011 12:51:02 +0000</pubDate>
		<dc:creator>GroupeCom</dc:creator>
				<category><![CDATA[Coup de coeur / coup de gueule des militants]]></category>

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		<description><![CDATA[2011. Salon de l&#8217;Agriculture. Le Président Sarkozy parle des terroirs&#8230; et de l&#8217;Islam. Quel rapport ? Aucun. Mais cela rentre dans une campagne de com orchestrée depuis quelques temps par la majorité, visant à instaurer médiatiquement le nouveau « grand débat » sur la laïcité. Un débat que, quelques mois plus tôt, lançait Marine Le [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>2011. Salon de l&#8217;Agriculture. Le Président Sarkozy parle des terroirs&#8230; et de l&#8217;Islam. Quel rapport ? Aucun. Mais cela rentre dans une campagne de com orchestrée depuis quelques temps par la majorité, visant à instaurer médiatiquement le nouveau « grand débat » sur la laïcité. Un débat que, quelques mois plus tôt, lançait Marine Le Pen. Avec le résultat que l&#8217;on sait.</p>
<p><strong>L&#8217;extrême-droite au pouvoir</strong></p>
<p>L&#8217;inquiétante popularité de Marine Le Pen et le bon score du Front National aux cantonales aidant, le spectre du 21 avril revient hanter les discours des commentateurs pour 2012. Pourtant, elle y perdrait au second tour comme son père dix ans plus tôt. Ce n&#8217;est donc pas (encore) ainsi que l&#8217;extrême-droite accédera au pouvoir. Mais il existe un autre moyen.</p>
<p>C&#8217;est  à partir de 2006 que Nicolas Sarkozy, alors ministre de l&#8217;intérieur, a opéré un virage sécuritaire, durci la politique sur l&#8217;immigration et mis le feu aux poudres dans les banlieues. Il continue durant la campagne 2007, conseillé en cela par Patrick Buisson, un maurrassien proche de Jean-Marie Le Pen, avec le succès que l&#8217;on connait. Puis, une fois au pouvoir, Sarkozy et Buisson lancent leurs « grands débats » démagogiques, l&#8217;identité nationale en 2009, la déchéance de la nationalité et les Roms en 2010, et l&#8217;Islam cette année. Le but : pomper les voix du Front National.</p>
<p>Mais cela marche-t-il ? Un temps (en 2007), mais les derniers sondages sur Marine Le Pen et les cantonales prouvent que l&#8217;extrême-droite revient plus forte. Pire : l&#8217;exemple du débat sur l&#8217;Islam montre que désormais, ce n&#8217;est plus Sarkozy mais la nouvelle tête de file frontiste qui lance les débats, lui ne faisant que suivre. Et c&#8217;est toute une partie de la droite qui dérive : des députés de l&#8217;UMP acclament un Zemmour condamné ; un Hortefeux lui-même condamné reste encore longtemps en place ; des élus se décomplexent, les langues se délient (voir la dernière sortie de la députée Brunel sur les bâteaux d&#8217;immigrés) et beaucoup n&#8217;ont plus honte d&#8217;affirmer leur accord avec Marine Le Pen sur certains sujets sensibles, ou de refuser, lors des cantonales, tout front républicain pour battre le FN. Jusqu&#8217;où va-t-on ?</p>
<p>Marqué par un bilan calamiteux, au niveau social, en sécurité comme en affaires étrangères, Sarkozy, qui ne cherche que sa réélection et ne reculera devant rien pour l&#8217;obtenir, peinera à séduire à sa gauche comme en 2007. Bousculé par le Front National, poussé par l&#8217;aile droite de l&#8217;UMP dont le poids va croissant, il n&#8217;aura d&#8217;autre choix que la surenchère dans la droitisation et l&#8217;extrême-droitisation de son discours. L&#8217;extrême-droite n&#8217;a pas donc encore conquis le pouvoir, mais ses idées prolifèrent déjà dans la majorité. Mais une nouvelle escalade nous guette. Aux prochaines élections législatives, le clan sarkozyste pourra faire le constat qu&#8217;un certain nombre de sièges iront à la gauche sans une alliance entre la droite et l&#8217;extrême-droite. Nul doute qu&#8217;il n&#8217;hésitera pas à oser un rapprochement avec le FN s&#8217;il l&#8217;estime nécessaire. L&#8217;UMP n&#8217;a-t-elle pas réintégré les présidents de régions qui avaient pactisé avec le Front aux régionales de 1998 et que le RPR avait exclus ? Et les cantonales de 2011, où une bonne part de l&#8217;UMP, Sarkozy et Copé en tête, n&#8217;appelle pas au barrage contre l&#8217;extrême-droite en est un nouveau signe avant-coureur inquiétant. Pire, cette droite pourrait même conclure une alliance de gouvernement avec le FN si c&#8217;était le seul moyen de garder le pouvoir : cela s&#8217;est déjà vu dans d&#8217;autres pays d&#8217;Europe. Sur ce point, Sarkozy n&#8217;aura pas plus d&#8217;états d&#8217;âme que son ami Berlusconi.</p>
<p><strong>La gauche au secours de la République</strong></p>
<p>Le rapprochement entre une droite arriviste et l&#8217;extrême-droite, dans le discours aujourd&#8217;hui et peut-être aux responsabilités demain, représente une véritable menace pour les valeurs de notre République, telles que nous les a transmises le Conseil National de la Résistance. Les « grands débats » menés démagogiquement, dans le seul but de cliver et sans rien résoudre, détruisent peu à peu le tissu social sur lequel notre République se fonde. On ose revenir sur certains acquis sociaux pour les ménages franco-étrangers, ou sur l&#8217;égalité devant la nationalité. Pour contrer cette dérive, la seule alternative s&#8217;appelle la gauche. Mais elle ne sera efficace qu&#8217;à deux conditions. La première est d&#8217;avancer unie. Rappelons la triste conséquence de la dispersion des voix en 2002. Rappelons également qu&#8217;Hitler n&#8217;aurait pas gagné en 1933 si les socialistes et les communistes allemands avaient fait front commun. La deuxième condition est de gagner de nouveau le débat des idées. La gauche doit tenir un discours audible qui lui soit propre et qui soit également empreint de réalisme, ancré autant dans la vie des quartiers que dans les problématiques internationales du monde actuel (Europe, rapports Nord-Sud&#8230;), mais également fort de nos valeurs humanistes et républicaines.</p>
<p>Voilà pourquoi nous sommes un certain nombre de militants socialistes à réfléchir et à travailler sur ces questions d&#8217;immigration, d&#8217;intégration et de discriminations, à rencontrer les acteurs du terrain (élus locaux, associations&#8230;), à éplucher les directives européennes, à élaborer des propositions alternatives. Il existe sur ces sujets sensibles une autre approche que celle que la droite emprunte à l&#8217;extrême-droite. Il existe une autre voix qui ne cherche pas à détruire les valeurs de la République, mais veut la réinventer.<br />
Elle ne demande qu&#8217;à être entendue.</p>
<p style="text-align: right">Groupe IID</p>
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		<title>Déclaration de paix aux musulmans qui vivent en France</title>
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		<pubDate>Wed, 30 Mar 2011 15:22:41 +0000</pubDate>
		<dc:creator>GroupeCom</dc:creator>
				<category><![CDATA[Coup de coeur / coup de gueule des militants]]></category>

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		<description><![CDATA[Ce texte sera lu à la mosquée el Fath, rue Polonceau, dans le 18ème arrondissement, le mardi 5 avril à 14 heures. En France des forces politiques utilisent les peurs à l&#8217;égard des musulmans qui vivent et travaillent ici  pour mobiliser leur électorat. Ces forces stigmatisent des français qui ont travaillé en France, dans les [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em>Ce texte sera lu à la mosquée el Fath, rue Polonceau, dans le 18ème arrondissement, le mardi 5 avril à 14 heures.</em></p>
<p>En France des forces politiques utilisent les peurs à l&#8217;égard des musulmans qui vivent et travaillent ici  pour mobiliser leur électorat. Ces forces stigmatisent des français qui ont travaillé en France, dans les usines et les chantiers, qui sont morts pour la France sur les champs de bataille. L&#8217;immense majorité des musulmans qui vivent et travaillent en France acceptent les règles de la république et de la laïcité. L&#8217;immense majorité des musulmans ne se distinguent pas des autres français. Certains vont à la mosquée et d&#8217;autres pas, certains se marient dans leur religion et d&#8217;autres pas. Certains prient dans nos rues et d&#8217;autres pas. Ils sont français et l&#8217;adjectif français est assez généreux pour accueillir une diversité de trajectoires.<br />
 <br />
Quand des partis d&#8217;opposition sont porteurs de haine et d&#8217;exclusion, c&#8217;est grave. Quand c&#8217;est un parti de gouvernement, c&#8217;est dramatique. Dramatique que le parti au pouvoir aujourd&#8217;hui invite dans ses réunions un journaliste condamné pour incitation à la haine raciale, qu&#8217;il nomme ministre un homme condamné pour injures racistes, qu&#8217;il organise un colloque sur la laïcité comme si l&#8217;immense majorité des musulmans qui vivent en France n&#8217;acceptaient pas les principes fondamentaux de notre République.<br />
 <br />
Ce qui en jeu aujourd&#8217;hui, ce n&#8217;est pas l&#8217;Islam en France, c&#8217;est la capacité de la société française de vivre ensemble, croyant et non croyants. Ce qui menace la laïcité et la République, c&#8217;est la mise à l&#8217;écart d&#8217;une partie de ceux qui composent le peuple de France. Un société paisible et tolérante est une lente construction,. La haine prend comme un feu de paille. C&#8217;est dans l&#8217;intérêt de tous qu&#8217;au nom d&#8217;un petit groupe d&#8217;habitants de notre quartier, quand d&#8217;autres vous déclarent la guerre, nous déclarons la paix aux musulmans qui vivent en France.<br />
 <br />
 <br />
Contact: Maurice Goldring Tel 06 30 72 04 35  adresse électronique maurice.goldring@wanadoo.fr<br />
 </p>
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		<title>La Sardine du Cannibale, lecture d&#8217;Eric Lejoindre</title>
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		<pubDate>Tue, 22 Feb 2011 15:16:42 +0000</pubDate>
		<dc:creator>GroupeCom</dc:creator>
				<category><![CDATA[Coup de coeur / coup de gueule des militants]]></category>

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		<description><![CDATA[C’est l’histoire d’un homme. D’un homme qui quitte son pays, pour tenter sa chance en Europe, continent d’espoir et de prospérité, dit-on. C’est l’histoire d’un homme qui découvre que, malgré cette richesse, on peut y vivre dans la misère, le dénuement, on peut y perdre jusqu’à son nom. On peut y disparaitre dans l’anonymat de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>C’est l’histoire d’un homme. D’un homme qui quitte son pays, pour tenter sa chance en Europe, continent d’espoir et de prospérité, dit-on. C’est l’histoire d’un homme qui découvre que, malgré cette richesse, on peut y vivre dans la misère, le dénuement, on peut y perdre jusqu’à son nom. On peut y disparaitre dans l’anonymat de ceux qui n’ont pas d’existence institutionnelle, qui n’ont pas ces papiers sans lesquels on n’existe pas. Et quoi de plus facile que d’exploiter ceux qui, n’existant pas, ne peuvent pas se défendre ?<br />
C’est l’histoire d’un homme qui découvre que l’administration qui protège ceux qui n’ont rien, les services sociaux qui secourent ceux qui en ont besoin, peuvent aussi casser. Qui découvre que l’ont peut être broyé par une administration qui perd son humanité dans l’application de directives absconses. Une administration composée d’hommes et de femmes qui se réfugient sous un déluge de papier et de règlements pour ne pas avoir à faire face à l’humanité de ceux qui leur font face. </p>
<p>Mais c’est aussi l’histoire d’un homme qui découvre un pays qui accueille, qui entoure, qui respecte, qui aime. Un pays qui lui a fait une place, sa place dans l’engagement citoyen et politique, dans l’amour d’une femme, dans l’amitié d’un groupe, dans le regard de collègues. </p>
<p>C’est l’histoire d’un homme qui raconte son histoire. Celle de Majid, celle de Magic, celle de Rahim. Et celle de tant d’autres : de ces profiteurs immoraux de la détresse d’hommes à qui tout est impossible, notamment de se défendre ; de ceux aussi qui ont tendu la main et ouvert la porte.<br />
Il y a tout cela dans la Sardine du Cannibale, ouvrage de Majid Bâ, hier sans papier plongé dans la débrouille, la misère, longtemps la faim, aujourd’hui citoyen respecté de ceux avec qui il travaille, dans ses multiples engagements professionnels, militants, citoyens, politiques, amicaux. Entre le Magic d’hier et le Majid d’aujourd’hui, il y a les rencontres qui sauvent. Il y a surtout la force de celui qui doit survivre, et qui veut vivre. </p>
<p>C’est tout cela cette histoire de sardine et de cannibale. Un récit toujours lucide, jamais amer. Un livre qui raconte l’histoire d’un homme qui ne prétend pas être celle de tous les autres, mais qui parle à tous. </p>
<p>Eric Lejoindre</p>
<p><a href="http://www.lasardineducannibale.fr">http://www.lasardineducannibale.fr</a></p>
<p>La Sardine du Cannibale, éditions Arcane 17<br />
Numéro ISBN : 978-2-918721-10-9<br />
Format : 135 x 210, broché, 176 pages.<br />
Prix : 15 €</p>
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		<title>Communiqué de la LDH : Interdits d’apprentissage parce qu&#8217;ils sont étrangers ?</title>
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		<pubDate>Mon, 07 Feb 2011 15:46:38 +0000</pubDate>
		<dc:creator>GroupeCom</dc:creator>
				<category><![CDATA[Coup de coeur / coup de gueule des militants]]></category>
		<category><![CDATA[discrimination]]></category>
		<category><![CDATA[enseignement]]></category>
		<category><![CDATA[jeune]]></category>

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		<description><![CDATA[Communiqué de la LDH qui attire notre attention sur une discrimination particulièrement grave. Ce qu&#8217;il faut souligner (car il ne le fait malheureusement pas), c&#8217;est que cette mesure frappe de nombreux jeunes qui seront français à leur majorité. Étonnons-nous ensuite s&#8217;ils sortent du système éducatif sans qualification, avec les conséquences que l&#8217;on sait. Le but [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Communiqué de la LDH qui attire notre attention sur une discrimination particulièrement grave. Ce qu&#8217;il faut souligner (car il ne le fait malheureusement pas), c&#8217;est que cette mesure frappe de nombreux jeunes qui seront français à leur majorité. Étonnons-nous ensuite s&#8217;ils sortent du système éducatif sans qualification, avec les conséquences que l&#8217;on sait.<br />
Le but inavoué de cette mesure ne serait-il pas de cantonner les jeunes &laquo;&nbsp;issus de l&#8217;immigration&nbsp;&raquo; dans des emplois non qualifiés, pénibles et mal rémunérés ?</p>
<p>Communiqué LDH<br />
Paris, le 27 janvier 2011</p>
<p>Un certain nombre de jeunes étrangers scolarisés en France viennent de découvrir que l’inscription en IUT, pour une formation en apprentissage, leur était interdite sous prétexte d&#8217;une réserve de cette formation aux élèves de nationalité française. Le motif invoqué par le ministère, qui assume complètement la situation, serait dû à une volonté de lutter contre le travail des sans-papiers.</p>
<p>La LDH dénonce avec vigueur une décision clairement discriminatoire. Ce gouvernement qui n’arrête pas d’invoquer «l’égalité des chances » pour remédier aux inégalités sociales et scolaires fait ici la démonstration de sa capacité à traiter les jeunes différemment en fonction de leurs origines, alors même que l’apprentissage est, pour certains étudiants, la seule possibilité de poursuivre leurs études et donc d’acquérir une qualification. La LDH demande que le ministère de l&#8217;Education nationale prenne toutes les mesures pour que soit immédiatement mis fin à ces pratiques discriminantes et à une procédure parfaitement illégale.</p>
<p>Par ailleurs, il semble bien que la procédure informatisée pour s’inscrire dans le post-bac (APB) reconnaisse automatiquement la nationalité du candidat à l’inscription. Cela signifie donc que les fichiers de données personnelles sont interconnectés. Une telle pratique est illégale, au regard de la réglementation qui interdit un usage de fichiers autre que celui qui a présidé à sa construction. Mais de plus, elle est inacceptable au sens où dans le contexte de chasse que le gouvernement exerce contre les sans-papiers, elle transforme les services de l&#8217;Education nationale en forces supplétives de la police. Faut-il rappeler que de nombreux jeunes majeurs encore scolarisés se sont vus menacés d’expulsion et parfois expulsés dans les jours mêmes qui ont suivi leur majorité ?</p>
<p>Face à la généralisation des fichiers de l’Education nationale et à leur gestion par un identifiant national, la LDH rappelle son hostilité à l’interconnexion de tous les fichiers contenant des données sensibles et sa demande que l’ensemble des données collectées soient anonymisées avant toute exploitation en dehors du cadre scolaire local, afin de respecter les droits fondamentaux des personnes.</p>
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		<title>A lire&#8230;.Les très bons comptes de l’immigration</title>
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		<pubDate>Fri, 03 Dec 2010 11:41:25 +0000</pubDate>
		<dc:creator>GroupeCom</dc:creator>
				<category><![CDATA[Coup de coeur / coup de gueule des militants]]></category>
		<category><![CDATA[économie]]></category>
		<category><![CDATA[immigration]]></category>
		<category><![CDATA[sans-papiers]]></category>

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		<description><![CDATA[Le groupe IID vous conseille la lecture de cet article, paru le 2 décembre 2010 dans Courrier International. Les immigrés sont une excellente affaire pour l’Etat français : ils rapportent une grosse douzaine de milliards d’euros par an et paient nos retraites. 02.12.2010 &#124; Juan Pedro Quiñonero Les immigrés sont une très bonne affaire pour l’économie française : [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Le groupe IID vous conseille la lecture de cet article, paru le 2 décembre 2010 dans <a href="http://www.courrierinternational.com/article/2010/12/02/les-tres-bons-comptes-de-l-immigration" target="_blank">Courrier International. </a></p>
<p>Les immigrés sont une excellente affaire pour l’Etat français : ils rapportent une grosse douzaine de milliards d’euros par an et paient nos retraites.</p>
<p>02.12.2010 | Juan Pedro Quiñonero</p>
<p>Les immigrés sont une très bonne affaire pour l’économie française : ils reçoivent de l’Etat 47,9 milliards d’euros, mais ils reversent 60,3 milliards. Autant dire un solde positif de 12,4 milliards d’euros pour les finances publiques, qui ne représente pourtant que la part monétaire de transferts bien plus importants. Dans ce pays de 64,7 millions d’habitants, 6,5 millions de Français comptent au moins un immigré dans leur famille. Les chiffres de l’immigration légale sont très fluctuants. En France, on recense environ 5,3 millions de résidents étrangers avec leurs familles.  </p>
<p>Une équipe de chercheurs de l’université de Lille, sous la direction du Pr Xavier Chojnicki, a réalisé pour le compte du ministère des Affaires sociales une étude sur les coûts de l’immigration pour l’économie nationale. Travaillant sur des chiffres officiels, les chercheurs ont décortiqué tous les grands postes de transfert des immigrés. Il en ressort un solde très positif. Les chercheurs ont remis leur rapport en 2009, au terme de trois ans d’études. Les 47,9 milliards d’euros que coûte l’immigration au budget de l’Etat (2009) sont ventilés comme suit : retraites, 16,3 milliards d’euros ; aides au logement, 2,5 milliards ; RMI, 1,7 milliard ; allocations chômage, 5 milliards ; allocations familiales, 6,7 milliards ; prestations de santé, 11,5 milliards ; éducation, environ 4,2 milliards.   De leur côté, les immigrés reversent au budget de l’Etat, par leur travail, des sommes beaucoup plus importantes : impôt sur le revenu, 3,4 milliards d’euros ; impôt sur le patrimoine, 3,3 milliards ; impôts et taxes à la consommation, 18,4 milliards ; impôts locaux et autres, 2,6 milliards ; contribution au remboursement de la dette sociale (CRDS) et contribution sociale généralisée (CSG), 6,2 milliards ; cotisations sociales, environ 26,4 milliards d’euros.  </p>
<p>A ce solde positif de quelque 12,4 milliards d’euros il faut ajouter d’autres revenus pas toujours monétaires, mais d’une grande importance sociale et économique : les immigrés occupent l’immense majorité des emplois dont les Français ne veulent pas, et 90 % des autoroutes ont été et sont construites et entretenues avec de la main-d’œuvre étrangère. Sans immigrés, les prix à la consommation (produits agricoles et autres) seraient bien plus élevés, la main-d’œuvre étrangère étant bien moins payée.  </p>
<p>La comptabilité réalisée par les chercheurs de l’université de Lille fait ressortir aussi de profonds changements sociaux. Majoritairement jeunes, les immigrés sont de grands consommateurs : comme nous venons de le voir, ils versent environ 18,4 milliards d’euros à l’Etat sur leurs dépenses personnelles, notamment en TVA. Les immigrés ont modifié en profondeur le sport et les arts populaires français : la grande majorité des footballeurs de haut niveau sont issus de l’immigration, et les artistes d’origine immigrée, noirs et maghrébins, peuplent le Top 50 de la chanson populaire.   Parallèlement, de nombreux métiers, en particulier dans les services, ne fonctionnent en France que grâce à l’immigration. Plus de la moitié des médecins hospitaliers dans les banlieues sont étrangers ou d’origine étrangère. Pas moins de 42 % des travailleurs des entreprises de nettoyage sont des immigrés. Plus de 60 % des ateliers de mécanique automobile de Paris et de la région parisienne appartiennent à des mécaniciens et petits entrepreneurs d’origine étrangère.   Dans un domaine aussi crucial que l’avenir du système des retraites, les immigrés jouent un rôle des plus favorables. Le très officiel Comité d’orientation des retraites est parvenu à cette conclusion : “L’entrée de 50 000 nouveaux immigrés par an permettrait de réduire de 0,5 point de PIB le déficit des retraites.”   Xavier Chojnicki commente ces résultats en ces termes : “Il s’agit d’un processus historique lié à la structure de la population immigrée, majoritairement jeune. Comme ils sont peu qualifiés, les immigrés sont très souvent au chômage. Mais ils dépensent aussi beaucoup et sont très entreprenants. Les pensions que nous versons aux retraités sont plus que compensées par la consommation et les cotisations sociales que paient les plus jeunes, parmi lesquels on trouve des gens très dynamiques.”</p>
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		<title>Austérité : l&#8217;Europe à contresens  &#8211; tribune de Lionel Jospin et de Michel Aglietta</title>
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		<pubDate>Wed, 01 Dec 2010 13:46:38 +0000</pubDate>
		<dc:creator>GroupeCom</dc:creator>
				<category><![CDATA[Coup de coeur / coup de gueule des militants]]></category>
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		<description><![CDATA[Le Monde – édition du 23.11.10 Après le G20 de Séoul, une évidence s&#8217;impose : les principales puissances économiques du monde ne réduisent ni ne régulent la sphère financière que les Etats ont laissée se constituer en surplomb de l&#8217;économie globalisée depuis trois décennies. En 2008 et 2009, lors des sommets de Washington et de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Le Monde – édition du 23.11.10</p>
<p>Après le G20 de Séoul, une évidence s&#8217;impose : les principales puissances économiques du monde ne réduisent ni ne régulent la sphère financière que les Etats ont laissée se constituer en surplomb de l&#8217;économie globalisée depuis trois décennies.</p>
<p>En 2008 et 2009, lors des sommets de Washington et de Londres, des engagements solennels avaient été pris et des pistes de travail pertinentes tracées. Mais cela a débouché sur peu d&#8217;actes concrets. Le système financier ayant été sauvé et la dépression évitée grâce à des plans de relance, l&#8217;ambition affichée par les gouvernements de réformer de façon concertée l&#8217;ensemble économique et financier mondial se perd.</p>
<p>D&#8217;où vient cette impuissance ? Pourquoi les Etats, qui ont sauvé le système et ont toute la légitimité pour imposer des règles en tant que représentants des peuples, se montrent-ils si hésitants à remettre les acteurs financiers à leur place normale : celle de serviteurs de l&#8217;économie ?</p>
<p>Les raisons sont diverses. Nombre de gouvernements sont proches des marchés financiers ou subissent l&#8217;influence de lobbyings intenses. En outre, plusieurs des grands acteurs économiques mondiaux s&#8217;accommodent du statu quo. C&#8217;est le cas des Etats-Unis, auxquels l&#8217;attractivité de Wall Street et le rôle du dollar comme monnaie de réserve procurent les facilités de l&#8217;endettement. C&#8217;est aussi valable pour la Chine, que la sous-évaluation du yuan aide à accumuler excédents commerciaux et réserves confortables. Enfin, le paradigme des marchés efficients et autorégulateurs reste très prégnant. Alors même que les dogmes du néolibéralisme ont fait faillite, l&#8217;analyse économique dominante s&#8217;y réfère toujours. Si une pensée neuve s&#8217;amorce, elle n&#8217;inspire pas encore les gouvernements.</p>
<p>Il ne faut pas renoncer à l&#8217;ambition de réformer le système économique et financier mondial. Instaurer une régulation globale de la sphère monétaire et financière, remettre en cause les taux de profit exorbitants exigés des entreprises par les actionnaires aux dépens des salariés est une nécessité impérieuse. Aussi sera-t-il intéressant de mesurer si, au-delà des proclamations, la présidence française du G20 saura rassembler l&#8217;Europe sur une proposition de réforme du système monétaire international, puis engager une négociation entre les différentes zones d&#8217;intégration économique.</p>
<p>Pourtant, même si une remise en ordre du système économique mondial s&#8217;engageait, elle prendrait du temps. En attendant, chacun comptera sur ses propres forces et devra se préparer à être dans la meilleure situation possible pour une future négociation entre les différents ensembles économiques. Et c&#8217;est là où l&#8217;Europe fait fausse route. Notre continent est en proie à une crise sournoise. Et il va l&#8217;aggraver si sont maintenues les politiques généralisées d&#8217;austérité décidées par les gouvernements pour 2011 et au-delà. Non seulement ces politiques ne sont pas appropriées à la situation, mais le diagnostic qui les a inspirées est contestable.</p>
<p>En effet, les plans de relance précédents comptent pour peu dans les déficits actuels. Les plans de relance de 2009 dans l&#8217;Union européenne ont été calibrés ex ante sur un surcroît de déficit de 1,1 % du produit intérieur brut (PIB) en moyenne. Or l&#8217;accroissement de déficit a été de 4,6 %, soit plus de quatre fois plus élevé. Cela veut dire que la timidité des gouvernements européens dans la relance n&#8217;a pu nous préserver d&#8217;une sévère récession. C&#8217;est la récession et non la politique de relance qui a creusé les déficits à des niveaux insolites.</p>
<p>Or, aujourd&#8217;hui, l&#8217;Europe fait un contresens en choisissant l&#8217;austérité. Après la première erreur d&#8217;un faible calibrage de la relance de 2009, les gouvernements l&#8217;aggravent en basculant tous en même temps dans l&#8217;austérité. Le prolongement économique durable de la crise financière résulte du manque de dynamisme de la demande privée. De nombreux acteurs doivent se désendetter, les banques sont réticentes à prêter et la stagnation des revenus et le chômage s&#8217;autoentretiennent. On se trouve devant une situation avérée d&#8217;insuffisance de la demande. Or les élites politiques au pouvoir en Europe s&#8217;enferment dans une rhétorique étrange. Elles semblent croire que l&#8217;annonce de l&#8217;austérité va agir partout comme une baguette magique sur cette entité métaphorique que sont les marchés. Toutes les contraintes sur le secteur privé disparaîtraient d&#8217;un coup. Les ménages se mettraient à consommer et les entreprises à investir, comme si la crise n&#8217;avait pas lieu. Ce n&#8217;est pas ce que nous indique l&#8217;exemple irlandais.</p>
<p>De fait, des travaux récents et très élaborés du Fonds monétaire international (FMI) balaient ces illusions. En étudiant soigneusement de nombreuses situations d&#8217;austérité budgétaire, le FMI montre qu&#8217;en moyenne, pour un effort d&#8217;austérité de 1 % du PIB, il y a un effet de contraction de la croissance du PIB de 0,5 % au bout de deux ans. Malheureusement, le FMI remarque aussi que nous ne sommes pas dans une situation moyenne. En Europe, les conséquences de l&#8217;austérité budgétaire risquent d&#8217;être pires pour trois raisons : tout le monde pratique cette austérité en même temps ; les taux d&#8217;intérêt, déjà faibles, ne vont guère baisser davantage ; l&#8217;euro risque de monter au lieu de fléchir, en raison de la politique monétaire des Etats-Unis.</p>
<p>Sur notre continent, l&#8217;impact de l&#8217;austérité pourrait donc être de 1 %, voire de 2 % selon les circonstances. Ainsi, en 2012 et 2013, la croissance européenne risque fort d&#8217;être très basse. Bien entendu, les déficits ne diminueraient pas, ou très peu, faute de rentrées fiscales, les dettes publiques grimperaient et le chômage monterait encore. Les tensions sociales s&#8217;aggraveraient et les mouvements nationalistes et populistes, déjà en hausse en Europe, pourraient bien s&#8217;en trouver renforcés.</p>
<p>Pour toute personne raisonnable, ce risque ne doit pas être pris. Nos politiques doivent être changées pour redresser la croissance. Il y va peut-être même de la survie de la zone euro, qui aurait sans doute bien des difficultés à surmonter une nouvelle crise simultanée des finances publiques dans les pays les plus fragiles.</p>
<p>Conduire une politique de croissance est donc vital pour l&#8217;Union européenne. Est-ce à dire qu&#8217;il faut être indifférent aux dérives des budgets et de la dette ? Naturellement pas. Mais, comme dans toute crise financière majeure, ses séquelles vont s&#8217;étendre sur une dizaine d&#8217;années. Les gouvernements doivent programmer un rétablissement des équilibres budgétaires sur la fin de la décennie et abandonner l&#8217;illusion absurde d&#8217;un retour rapide des dettes publiques à 60 % du PIB, alors que toutes les organisations internationales projettent un ratio dette/PIB autour de 110 % à 120 % en moyenne dans l&#8217;ensemble de l&#8217;OCDE. Le rétablissement des finances publiques ne se fera pas par l&#8217;austérité, mais par un effort de maîtrise raisonnable et un autofinancement résultant de la croissance.</p>
<p>Sans doute les marchés exercent-ils, par la spéculation, une pression sur les pays européens les plus fragiles. Ils poussent les agences de notation, par la dégradation de leurs notes, à renchérir le recours à l&#8217;emprunt. Les acteurs financiers retrouvent ainsi, en dépit de leurs échecs, la posture de censeurs des gouvernements qu&#8217;ils affectionnent. Aussi est-il de la responsabilité des Etats &#8211; qui les ont renfloués &#8211; de ne pas accepter leurs diktats. La solidarité de la Banque centrale européenne (BCE) et des gouvernements européens face à la spéculation contre les pays fragiles, voire l&#8217;indication &#8211; déjà donnée par l&#8217;Allemagne &#8211; qu&#8217;en cas de situation extrême il faut organiser une restructuration des dettes, pourraient servir d&#8217;utile avertissement à l&#8217;égard des marchés.</p>
<p>Dans la situation actuelle, la croissance dépend des politiques publiques de manière cruciale. Il faut à la fois compenser l&#8217;insuffisance de la demande privée, améliorer la compétitivité de nombreux pays d&#8217;Europe (dont la France), créer des incitations à une nouvelle vague d&#8217;investissements et trouver les moyens de la financer. Il faut agir à la fois sur les ressources et sur les dépenses, donc remodeler la structure des budgets, comme l&#8217;ont fait les Scandinaves après la grave crise bancaire de 1991-1992.</p>
<p>Or, l&#8217;insuffisance de la demande actuelle est la conséquence d&#8217;une évolution qui vient de loin. C&#8217;est la déformation sur plusieurs décennies de la répartition des richesses qui a conduit à la fuite dans l&#8217;endettement, à un prélèvement exorbitant de la finance sur l&#8217;économie, à des pertes massives de recettes fiscales au bénéfice des fortunes privées et à une pression systématique sur les salaires.</p>
<p>L&#8217;accroissement de la rémunération du travail est partout la clef du redressement de la croissance. Il est vrai qu&#8217;au niveau de chômage qui sévit en Europe, et notamment en France, il ne peut y avoir &#8211; sauf peut-être en Allemagne &#8211; des hausses significatives des salaires bruts. Mais on pourrait transférer, par une remise en ordre de la fiscalité, du pouvoir d&#8217;achat aux catégories sociales qui sont trop pauvres pour être endettées et qui consommeraient 100 % ou presque du surcroît de revenu qui leur reviendrait. Une fiscalité du capital reformée, la suppression des avantages fiscaux aux ménages à hauts revenus, une révision de la fiscalité sur l&#8217;héritage, c&#8217;est-à-dire une inversion des mesures qui n&#8217;ont eu aucune efficacité économique, mais qui ont servi des clientèles particulières, s&#8217;imposent aujourd&#8217;hui pour commencer à renverser les inégalités sociales et créer un flux de demande.</p>
<p>Pourtant, agir sur la demande à court terme ne suffit pas. Encore faut-il se donner les moyens, sur le terrain de l&#8217;offre, de rehausser la croissance potentielle. Cela suppose des investissements publics et des incitations au secteur privé. Deux types de ressources, l&#8217;une disponible, l&#8217;autre à créer, sont envisageables pour mener des politiques ambitieuses à l&#8217;échelle de l&#8217;Europe. Ce sont la TVA et la fiscalité carbone.</p>
<p>L&#8217;Union européenne doit mettre un terme au dumping fiscal, dévastateur pour elle. Manipuler la TVA pour favoriser tel ou tel secteur crée des distorsions de prix néfastes. L&#8217;idéal serait un taux de TVA uniforme, sans doute à 19,6 %. L&#8217;effet régressif doit être compensé par une progressivité accrue de l&#8217;impôt sur le revenu. L&#8217;essentiel est de créer des ressources fiscales pour lancer une politique ambitieuse d&#8217;éducation sur toute la vie, corollaire indispensable de toute réforme allongeant la vie active.</p>
<p>Toutefois, la réforme fiscale la plus porteuse pour la croissance potentielle est la fiscalité carbone. Une taxe carbone européenne, partant d&#8217;un niveau proche du prix du marché des droits à polluer et croissant régulièrement jusqu&#8217;à 2020, créerait une valeur sociale du carbone qui changerait le système des prix relatifs. Cela ferait évoluer la consommation et ouvrirait un espace de rentabilité pour des investissements permettant à l&#8217;Europe de maintenir son avance en ce domaine.</p>
<p>Le produit d&#8217;une telle taxe pourrait être partagé en trois. La première partie devrait subventionner les ménages à revenus modestes pour compenser le surcoût de la consommation. La deuxième pourrait servir à diminuer les cotisations sociales pour inciter au choix de technologies riches en emplois. La troisième serait versée au budget européen pour financer des investissements dans les innovations environnementales. Cette dernière part permettrait de capitaliser une intermédiation financière construite sur un Fonds vert européen dédié au soutien à l&#8217;innovation environnementale. Il serait ainsi possible d&#8217;émettre des obligations pour financer des investissements longs et risqués &#8211; publics ou privés &#8211; en mobilisant les investisseurs institutionnels. L&#8217;essentiel serait de créer un effet de masse suffisant pour susciter en Europe une de ces grandes vagues d&#8217;innovations sur lesquelles s&#8217;est toujours appuyé le développement économique.</p>
<p>Il n&#8217;est pas certain que ce type d&#8217;analyse et de propositions ait actuellement des chances d&#8217;être retenu dans l&#8217;état de crispation idéologique et de paralysie politique qui caractérise l&#8217;Europe. De même qu&#8217;il est difficile d&#8217;espérer voir celle-ci mener une politique coopérative pour la croissance.</p>
<p>Mais il est indispensable de lancer le débat, et ce bien au-delà des cercles gouvernementaux. Doivent avoir leur mot à dire les partis, les associations, les syndicats européens et les dirigeants d&#8217;entreprises positionnées sur le changement climatique et les questions environnementales, voire ceux des investisseurs financiers qui considèrent que l&#8217;investissement socialement responsable est porteur de rentabilité à long terme. Le modèle économique des trente dernières années &#8211; même si la France a fait quelques fois exception sous la gauche &#8211; a été caractérisé par la domination de la valeur actionnariale, l&#8217;hypertrophie de la finance spéculative, des exigences financières incompatibles avec la rentabilité des entreprises, une fiscalité favorable aux milieux privilégiés et des inégalités croissantes. C&#8217;est un tout autre modèle qui doit désormais émerger, si l&#8217;on veut tirer des leçons fécondes de la crise financière. Il doit être fondé sur un partage des revenus plus équitable, une population active mobilisée par des rémunérations décentes et à qui on offre les possibilités de renouveler ses capacités au cours de sa vie, une croissance fondée sur le respect des équilibres naturels.</p>
<p>Pour unir les forces de la société civile autour de ce nouveau pacte social, il faut une pensée politique s&#8217;incarnant dans des programmes au plan national et capable de faire bouger la gouvernance de l&#8217;Europe pour peser au niveau international. Donner à l&#8217;analyse économique de la nouvelle période une expression politique capable de rassembler pourrait être la tâche centrale d&#8217;une social-démocratie réformée.</p>
<p>Michel Aglietta, économiste et Lionel Jospin, ancien premier ministre (1997-2002) (Le grand débat)</p>
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		<title>Appel des membres du Comité consultatif de la Halde &#8211; La Halde doit rester une autorité administrative indépendante et autonome</title>
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		<pubDate>Sun, 21 Nov 2010 13:49:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator>GroupeCom</dc:creator>
				<category><![CDATA[Coup de coeur / coup de gueule des militants]]></category>

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		<description><![CDATA[Nous vous invitons à signer &#8211; et faire signer &#8211; cette pétition en ligne. La naissance de la HALDE est le résultat d’un long processus politique, réfléchi et nourri par de nombreuses expériences et de combats portés par des organisations syndicales et associatives. Il y a ainsi presque 10 ans, un collectif, composé à la [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.petitionenligne.fr/petition/appel-des-membres-du-comite-consultatif-de-la-halde/278" target="_blank">Nous vous invitons à signer &#8211; et faire signer &#8211; cette pétition en ligne.</a></p>
<p>La naissance de la HALDE est le résultat d’un long processus politique, réfléchi et nourri par de nombreuses expériences et de combats portés par des organisations syndicales et associatives. Il y a ainsi presque 10 ans, un collectif, composé à la fois de ces organisations et d’experts s’est constitué dans l’unique but d’appeler à la création d’une « autorité administrative indépendante », à vocation généraliste en matière de discrimination et universelle, prompte à combattre efficacement les pratiques discriminatoires. Il était grand temps que la France se dote d’une véritable politique de lutte contre les discriminations. La mise en place d’une instance indépendante, autonome, qu’impose en tout état de cause le droit communautaire, en constitue le point d’orgue. Avec la loi du 30 décembre 2004 est apparue enfin dans notre paysage institutionnel la Haute Autorité de Lutte contre les Discriminations et pour l’Égalité (HALDE).</p>
<p>La Halde a fait preuve de son efficacité et sa légitimité est reconnue</p>
<p>Celles et ceux qui œuvraient pour la fin des discriminations et l’égalité de traitement, quels que soient le sexe, l’origine, l’âge ou encore la santé et le handicap… se sont réjouis de cette création, même si certains ont émis quelques doutes sur l’aptitude de la HALDE à agir de façon efficace, compte tenu en particulier des moyens et des pouvoirs limités qui lui étaient accordés. Et pourtant, très vite, la HALDE va réussir à convaincre et à montrer toute sa détermination dans la lutte contre les traitements discriminatoires. Certes, on peut lui reprocher de ne pas toujours traiter assez rapidement les dossiers ou de ne pas accompagner suffisamment certaines de ses délibérations. Toutefois, ces critiques sont liées à ses moyens et pouvoirs et la HALDE a permis à la France de franchir un cap important : les discriminations deviennent visibles et le sentiment communément partagé que l’impunité règne en la matière tend à s’estomper.</p>
<p>La HALDE, c’est aussi une équipe de professionnels, experts dans leur champ, relayés sur le terrain par des correspondants locaux, aussi efficaces qu’ investis dans leur mission. Les délibérations de la HALDE, de grande qualité sur le plan de la rigueur juridique, lui ont permis d’asseoir sa légitimité.</p>
<p>Qui , si ce n’est la HALDE a su rappeler avec force le droit des salariées, licenciées en raison de leur grossesse, à être indemnisées et/ou réintégrées ? Qui a permis de mettre fin à l’inégalité faite aux anciens combattants et fonctionnaires de l’État français, devenus étrangers après la décolonisation, consistant à leur verser une pension nettement inférieure à celle attribuée aux ressortissants français ? Qui a jugé discriminatoire le recours aux tests ADN pour établir les liens de filiation dans les familles étrangères ? Qui a rendu visibles les discriminations à l’égard des gens du voyage, discriminations encore inscrites dans la loi et les pratiques ? Qui a mis en évidence les discriminations liées au handicap et à l’état de santé ? Les exemples ne manquent pas pour montrer que la HALDE n’a pas hésité à rappeler le droit, y compris lorsque l’autorité discriminante était l’État. N’est-ce pas d’ailleurs ce qui lui vaut aujourd’hui l’annonce de sa disparition ?</p>
<p>Ce qui a d’abord fait la HALDE, c’est sa spécialité, la lutte contre les discriminations et pour l’égalité. Elle a su se nourrir de l’expérience acquise par les organisations syndicales et les associations en charge de telles ou telles discriminations spécifiques tout en permettant à ces acteurs de la société civile de renforcer leur propre action. Cette vaste mission est intimement liée aux questions de visibilité, d’accès aux droits et à la justice notamment, pour des catégories de personnes souvent démunies et peu promptes à saisir le juge. La HALDE assiste les victimes de discriminations et peut faire des observations devant les tribunaux, comme l’a précisé la Cour de cassation.</p>
<p>Indépendance / Collégialité / Liens avec la société civile</p>
<p>Profitant de l’examen de la loi organique mettant en place un Défenseur des droits, instauré par le nouvel article 77-1 de la Constitution, la Commission des lois du Sénat a introduit, sans concertation, la HALDE dans le périmètre de compétence de la nouvelle entité. Cette absorption est présentée comme une promotion de la lutte contre les discriminations qui accéderait ainsi au rang constitutionnel.</p>
<p>Mais plusieurs éléments de ce projet sont au contraire alarmants. Le Défenseur des droits déciderait seul et de manière arbitraire de traiter ou non des pratiques discriminatoires et des droits à protéger, le projet ne faisant aucune place effective à la collégialité. Le Collège ne serait que consultatif et le Comité consultatif lui-même qui fait entendre la voix de la société civile serait purement et simplement supprimé… Alors que la HALDE doit regarder toutes les réclamations (en constante augmentation), le Défenseur des droits serait seul à prioriser tel ou tel sujet.</p>
<p>D’autres dispositions du projet posent également problème : on ignore qui pourra concrètement et selon quelles modalités, saisir le défenseur des droits ; les adjoints auront une capacité d’initiative réduite ; si les pouvoirs de la HALDE apparaissent maintenus, les conditions de son exercice ne sont pas garantis ; le champ d’intervention est réduit. Le risque est de toute évidence un infléchissement net de la politique de lutte contre les discriminations. La future institution, que le législateur s’apprête à créer sous le nom de « Défenseur des droits », ne pourra pas poursuivre le travail de la HALDE</p>
<p>Les inquiétudes des instances internationales</p>
<p>Le Comité pour l’élimination de la discrimination raciale de l’ONU (CERD), le 27 Août 2010, a rendu ses observations à la suite du rapport périodique présenté par la France. « Il prend note du projet de loi sur le Défenseur des droits, mais il se préoccupe de la multiplicité des fonctions de cette nouvelle institution et craint que le mandat de lutte contre les discriminations y compris la discrimination raciale, actuellement dévolue à la HALDE ne soit plus que l’un des éléments du mandat du Défenseur des droits. Conformément à sa recommandation sur le plan national de lutte contre la discrimination raciale, le Comité tout en souhaitant une plus grande coordination entre les mécanismes étatiques pour traiter les problématiques liées à la discrimination raciale, recommande de maintenir une institution indépendante distincte ayant pour mandat la lutte contre les discriminations y compris la discrimination raciale. A cet égard, le Comité souligne l’importance du rôle de la HALDE dans la lutte contre les discriminations, notamment la discrimination raciale ».</p>
<p>De son côté, la Commission européenne contre le racisme et l’intolérance (ECRI), dans son rapport adopté le 29 avril 2010, soulignait  : « qu’il est important de veiller à ce que dans le cadre de la mise en place de cette nouvelle institution (le Défenseur des droits), la protection des droits assurée actuellement par les autorités existantes ne soit pas affaiblie, surtout concernant la lutte contre les discriminations, actuellement menée par la HALDE, y compris la discrimination raciale qui demande une certaine spécialisation . Compte tenu du rôle clé que la Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité (HALDE) joue dans la lutte contre la discrimination raciale, l’ECRI recommande aux autorités françaises de continuer de soutenir cette institution. Il convient de veiller tout particulièrement à ce que cette institution soit régulièrement consultée et que se développe une véritable coopération avec les autorités en prenant notamment en compte ses avis et recommandations dans les domaines d’expertise qui sont les siens ».</p>
<p>Un projet sans réelle justification</p>
<p>Pourquoi faudrait-il perdre les acquis indéniables de la HALDE, acquis reconnus par tous, y compris au-delà de nos frontières au profit d’une instance le « Défenseur des droits » qui cumulerait plusieurs fonctions et aurait à connaître entre 50 000 et 100 000 affaires par an ? La principale raison invoquée pour confier au « défenseur des droits » les missions de la HALDE serait d’ordre économique. Une institution unique coûterait moins cher que plusieurs instances (à savoir la HALDE, la Commission de déontologie de la sécurité, le Médiateur de la République et le Défenseur des enfants). Outre que l’argument économique doit parfois s’effacer devant des choix politiques, il n’est pas certain que le dispositif soit plus économique (mise en place d’une nouvelle instance, nouvelles campagnes publicitaires, reprise des personnels…). A moins qu’effectivement on ne veuille réduire considérablement les dépenses…</p>
<p>Il faut que la HALDE reste une autorité indépendante. Nous appelons l’Assemblée nationale à bien réfléchir aux enjeux.</p>
<p>Celles et ceux qui ont jadis appelé à la mise en place d’une autorité indépendante de lutte contre les discriminations et tous les autres, qui sont convaincus par la justesse de cette cause, demandent aux parlementaires de défendre l’autonomie de la HALDE et l’exercice indépendant de ses missions.</p>
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		<title>Regards sur l&#8217;éducation</title>
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		<pubDate>Thu, 04 Nov 2010 12:01:08 +0000</pubDate>
		<dc:creator>GroupeCom</dc:creator>
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		<category><![CDATA[égalité]]></category>

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		<description><![CDATA[Dans un système aristocratique ou de caste, les carrières, les métiers, les pouvoirs sont déterminés par le lieu de naissance. Dans un système démocratique, il faut que des institutions accordent des légitimités de compétence qui fassent coïncider privilèges de la naissance et égalité républicaine. En France, ce sont les grandes écoles. Elles sont justes: les [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Dans un système aristocratique ou de caste, les carrières, les métiers, les pouvoirs sont déterminés par le lieu de naissance. Dans un système démocratique, il faut que des institutions accordent des légitimités de compétence qui fassent coïncider privilèges de la naissance et égalité républicaine. En France, ce sont les grandes écoles. Elles sont justes: les concours sont anonymes. Aux États-Unis et en Grande-Bretagne, c&#8217;est l&#8217;argent. Le système est injuste. Les entretiens d&#8217;accès ne sont pas anonymes, les études sont très chères. Au final: par un système d&#8217;aide, de bourses, de formation permanente, les classes populaires sont mieux représentées dans les grands établissements des pays anglo-saxons que dans la France républicaine. Ça pose un problème?</p>
<p>Jusque là, la gauche n&#8217;a jamais touché aux grands écoles, aux grands établissements. Claude Allègre a essayé. En vain. Les profs des classes de préparation sont descendus dans la rue parce qu&#8217;on voulait toucher à certains privilèges scandaleux, avec l&#8217;aide des républicains Finkelkraut et Régis Debray. Le projet fut abandonné. Le système est puissant. On ignore généralement qu&#8217;au plus fort du mouvement de mai 68, les concours se tenaient, assurés le jour par les enseignants qui luttaient le soir pour l&#8217;abolition des privilèges, et les étudiants les plus enragés n&#8217;étaient pas absents aux oraux de normale ou de polytechnique.</p>
<p>Je ne vous parle pas d&#8217;un détail. L&#8217;accès aux grands établissements assurent des privilèges pour la vie. Et même pour la mort. Voyez les nécros: jamais un mort n&#8217;est un ancien de l&#8217;université de la Paris ou de Toulouse, mais son corps froid est celui d&#8217;un ancien de normale ou de l&#8217;X. Ce système marque toute la société: il inclut à vie et il exclut à vie. La majorité de la société n&#8217;y accède pas et ne pourra jamais y accéder, car le système de formation permanente est notoirement inefficace. Il reste le sport et la chanson, et tant pis pour les maigrichons qui chantent faux. Ce système élitiste joue un rôle de premier plan dans le malaise social.</p>
<p>Comment faire? La révolution?  c&#8217;est d&#8217;envoyer les riches et les mains blanches à la campagne ou dans des camps de rééducation, et de peupler  les universités et les écoles des prolétaires. On a essayé, pas terrible. Le compromis social. Graduel. Soutenir ce qui se fait dans ce domaine (voir l&#8217;ena, la voie parallèle qui a provoqué tant de résistances) ou sciences po. Ne pas mépriser ces efforts. Le compromis social, c&#8217;est aussi regarder ce qui se passe dans les écoles de la Goutte d&#8217;Or.</p>
<p>Annoncer une volonté c&#8217;est 1. Le pays ne pourra pas assurer la promotion démocratique des élites en généralisant le système des grandes écoles qui est le plus coûteux et sans doute pas le plus efficace en termes de formation de haut niveau. Donc répartir les ressources. En budget, dans le territoire. Ce qui signifie soutenir les filières sélectives au sein des universités.</p>
<p>2. montrer l&#8217;exemple. Le PS est le reflet fidèle du système scolaire élitiste. Assurer la promotion permanente des cadres issus des milieux populaires. En regroupant les ressources qui existent: fondations, contrats avec les universités, une école nationale de promotion. Un observatoire de la diversité sociale, indépendant, qui mesure les progrès. Ce qui suppose dans l&#8217;immédiat la renonciation au cumul des mandats, immense obstacle à la promotion de militants et des militantes.</p>
<p>Maurice Goldring</p>
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		<title>Entre 60 et 65 ans les plus belles années de la retraite…</title>
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		<pubDate>Wed, 22 Sep 2010 20:01:43 +0000</pubDate>
		<dc:creator>GroupeCom</dc:creator>
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		<description><![CDATA[L’espérance de vie en bonne santé est en moyenne de 63 ans pour les hommes, 64 ans  pour les femmes, 59 ans pour les ouvriers. On vit un peu plus longtemps, mais on n’en profite pas forcément plus longtemps. Hélas. Ceux qui aiment prophétiser qu’il y aura davantage de centenaires, ne se préoccupent pas que [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>L’espérance de vie en bonne santé est en moyenne de 63 ans pour les hommes, 64 ans  pour les femmes, 59 ans pour les ouvriers. On vit un peu plus longtemps, mais on n’en profite pas forcément plus longtemps. Hélas.<br />
Ceux qui aiment prophétiser qu’il y aura davantage de centenaires, ne se préoccupent pas que la biologie du corps humain reste inchangée pour des millions de travailleurs entre 55 et 65 ans. </p>
<p>Tout travail devient dur au milieu de la cinquantaine et encore plus au début de la soixantaine. Regardez un homme devant son marteau-piqueur à 55 ans, il devrait déjà être en retraite, car il n’a plus beaucoup d’espérance de vie. Une infirmière devra t elle encore travailler dans sa 62° année et mettre ses lunettes pour chercher la veine dans votre bras après avoir couru 42 ans dans les couloirs de l’hôpital ? Un instituteur devra t il faire sa 42 ° rentrée en septembre entouré de ses 35 gamins de 7 à 8 ans ? Dans ce cas, son dynamisme ne sera sûrement plus le même qu’au début de sa carrière.  La femme de service du restaurant d’entreprise a du mal à pousser ses chariots alors qu’elle n’a que 56 ans. Le chauffeur a le dos abîmé, et le garçon de café des phlébites à partir de la cinquantaine. Il y a 3,6 millions de salariés qui travaillent de nuit, 14,3%  5 millions de salariés ont des horaires atypiques ou postés (2 X 8, 3 X 8, 4 X 8, 5 X 8). Un salarié sur 5 est soumis à des ports de charges élevés, et des gestes et postures invalidants : 85 % des maladies professionnelles sont des « TMS » (troubles musculo-squelettiques). Entre 50 000 et 70 000 cancers d’origine professionnelle existent, souvent non reconnus, et il y a 100 000 morts par l’amiante. Tous les secteurs sont à risque, même les bureaux bien sûr : stress, objectifs inatteignables, cadences forcenées sont hélas, fréquents, et il y a encore eu 5 suicides à France Télécoms/Orange dans les 15 derniers jours. Ce ne sont plus les « coups de grisou » qui tuent comme au temps de Zola, mais les accidents cardiaques et vasculaires, il y en aurait 180 000 par an dont la moitié seraient liés au travail. Entre 55 et 60 ans, 2 maladies sur 5 sont dues au travail et 3 sur 5 après 60 ans. </p>
<p>Nous voler les années entre 60 et 62 ans, c’est nous voler les plus belles années de bonheur à la retraite, cela revient à se faire piller l’équivalent de 104 cinquièmes semaines de congés payés et de 24 « grandes vacances ».  Et le résultat serait de faire reculer l’espérance de vie car celle-ci est largement due à la retraite à 60 ans.<br />
Si on travaille plus longtemps on vivra moins longtemps. Et les assurances rapaces sont déjà là, dans vos boîtes à lettres, qui vous proposent leurs prospectus pour « garantir » vos retraites menacées : surtout ne leur versez rien, il n’y a pas de solution individuelle à la retraite, ils vont vous piquer vos quelques sous et les gaspiller dans les Iles Caïmans, les caves à subprimes et à hedge fund. Ces assureurs ont des « tables de mortalité », ils savent que si vous travaillez deux ans de plus vous vivez en moyenne six mois de moins… </p>
<p>Et que l’on ne nous propose pas, en guise d’aumône hypocrite de  « réformer » au cas par cas » quelques milliers de nos 24 millions de salariés qui  pourraient encore partir avant d’être complètement « fichus ». Au « cas par cas », c’est la foire aux bestiaux : une commission tripartite dirigée par les patrons, triera les humains selon leur degré d’usure présumée. La santé et le droit à la retraite feraient l’objet d’un sordide marchandage contingenté : d’autant que, cyniquement et dans le silence général des grands médias, la même loi qui porte l’âge des retraites à 62 et 67 ans et le nombre d’annuités de cotisations au chiffre inatteignable de 42, abroge du même coup la médecine du travail, ses effectifs, et sa vocation (amendement 730). En juin 2010, Sarkozy disait qu’avec deux rotules usées, deux poignets paralysés, la colonne vertébrale et deux poumons empoussiérés, 10 000 “lauréats” auraient encore droit au départ à 60 ans avec 20 % d’incapacité. Ayant « entendu » les 2,7 millions de manifestants du 7 septembre, il a concédé que 30 000 « trop usés » avec une seule rotule, un seul poignet cassé, et un seul poumon foutu, 10 % d’incapacité, pourraient partir… Il y a quelque honte à aborder ainsi la santé et l’ordre public social. Mais la honte, Sarkozy la boit tous les jours.<br />
 <br />
Gérard Filoche (auteur de « Nouveaux carnets d’un inspecteur du travail » Ed. JC Gawsevitch, avril 2010)</p>
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		<title>«Une autre France est possible», par Martine Aubry &#8211; Discours à l&#8217;université d&#8217;été de La Rochelle</title>
		<link>http://ps-paris18cgo.org/2010/09/05/%c2%abune-autre-france-est-possible%c2%bb-par-martine-aubry-discours-a-luniversite-dete-de-la-rochelle/</link>
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		<pubDate>Sun, 05 Sep 2010 09:42:15 +0000</pubDate>
		<dc:creator>GroupeCom</dc:creator>
				<category><![CDATA[Coup de coeur / coup de gueule des militants]]></category>
		<category><![CDATA[gauche]]></category>
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		<description><![CDATA[Cher amis, chers camarades, Tout comme vous, je pense, j’ai aimé cette Université d’été à la Rochelle. Oui, j’ai aimé notre université parce qu’elle est à l’image de ce que nous sommes aujourd’hui. Des socialistes qui échangent des idées, qui débattent, qui proposent pour la France et les Français. Des socialistes unis pour mieux servir [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Cher amis, chers camarades,</p>
<p>Tout comme vous, je pense, j’ai aimé cette Université d’été à la Rochelle. Oui, j’ai aimé notre université parce qu’elle est à l’image de ce que nous sommes aujourd’hui. Des socialistes qui échangent des idées, qui débattent, qui proposent pour la France et les Français. Des socialistes unis pour mieux servir notre pays. Soyons fiers de cet état d’esprit. Cultivons-le. Votre présence, votre travail, votre chaleur, votre enthousiasme constituent un espoir pour les Français. Merci à chacun d’entre vous, et au-delà de vous, à l’ensemble des militants.<br />
Nous avons voulu une Université d’été ouverte : ouverte sur la belle ville de la Rochelle et sur tous les Français qui y sont présents. Ouverte aussi à toutes les forces de la gauche, aux syndicalistes, aux militants associatifs, aux acteurs de l’éducation populaire, aux chercheurs, aux intellectuels, aux créateurs.<br />
Tous ensemble, pendant ces trois jours, nous avons beaucoup travaillé car nous avons conscience de la gravité du moment et de la responsabilité de la gauche. Cet été, nombreux sont nos concitoyens qui n&#8217;ont pu prendre seulement quelques jours de repos, faute de pouvoir d&#8217;achat, parce qu’il fallait arbitrer entre les congés et le loyer, ou pour les enfants, entre les vacances et des soins médicaux. Eté marqué aussi par des hausses de taxes et de prix : énergie, transports, assurances, alors même que d’autres sont annoncées – je pense en particulier aux médicaments.<br />
Dans ce contexte difficile, M. Sarkozy et son gouvernement n’ont rien trouvé de mieux, ou plutôt rien trouvé de pire, que d’opposer les Français entre eux, les Français d’ici aux Français d’ailleurs, les Français aux étrangers. Que le couplet soit classique ne le rend pas moins odieux. C’est dans ce climat que s’ouvre un automne qui risque d’être un automne très sombre pour les Français.<br />
Alors que la crise économique et sociale perdure, le gouvernement s’apprête à ajouter de la crise à la crise en proposant un budget d’une austérité inouïe. Moins d’enseignants alors qu’il faudrait lutter contre l’échec scolaire, moins de policiers alors que l’insécurité augmente, les Français se demandent à propos de nos gouvernants : « dans quel monde vivent ces gens là » ? D’autant que l’UMP pratique une rigueur à géométrie variable. Infliger aux Français cette politique et exiger d’eux des « sacrifices » au moment où l’affaire « Woerth-Bettencourt » démontre une fois de plus l’incroyable mansuétude dont jouit une minorité de privilégiés, il y a un mot pour dire cela : révoltant!<br />
Révoltant et dangereux : ces politiques d’austérité vont nous emmener dans le mur, tous les économistes le disent. Il est irresponsable de réduire les crédits de l’emploi au moment où il faudrait combattre le chômage. Il est insensé de tailler dans les dépenses sociales quand il faudrait au contraire soutenir la consommation, donc l’activité des entreprises. C’est faire courir un grand risque à notre économie.<br />
Un automne difficile aussi parce M. Sarkozy poursuit ses réformes injustes, avec comme point d’orgue, celle des retraites qu’il veut mener au pas de charge. Cette réforme dont nous disons qu’elle est deux fois inacceptable : parce qu&#8217;elle accroît les injustices, parce qu&#8217;elle ne règle pas les problèmes. Notre projet sur les retraites est crédible, juste et novateur. Crédible car il remet le régime à l’équilibre en comblant les déficits jusqu’au dernier euro et prend en compte l’allongement de la durée de la vie. Juste parce qu’il intègre la pénibilité du travail, la protection de ceux qui ont commencé à travailler tôt ou des femmes qui ont eu des carrières hachées, et met en place une répartition équitable des efforts. Novateur par la liberté qu’il donne et par les nouvelles ressources qu’il mobilise provenant notamment des profits de l’économie financière.<br />
Automne difficile enfin car les dérives de cet été vont continuer. Comme toujours, quand la droite s’enlise dans ses échecs et des affaires politico-financières, elle sort sa botte secrète : le discours contre l&#8217;insécurité ; la « guerre nationale » décrétée aux voyous ; la faute aux immigrés, aux minorités, aux parents, aux enfants, aux maires, bref la faute à tous, sauf à ceux qui ont tous les leviers du pouvoir d&#8217;Etat depuis bientôt dix ans&#8230;<br />
Quand tout va mal, il faut faire peur. Non pas aux délinquants, mais aux gens honnêtes. Pas pour faire reculer l&#8217;insécurité, mais pour l&#8217;exploiter. C’est toujours le même scénario : un drame se déroule –, le Président de la République prononce un discours à grand spectacle, doigt levé et menton relevé, puis annonce soit des mesures inacceptables, soit un texte de plus qui restera inappliqué. Personne n’est dupe de cette stratégie de la surenchère, maintes fois éprouvée. Elle aggrave les problèmes au lieu de les résoudre. Elle repousse les vrais débats au lieu de les poser. Elle n&#8217;a, au fond, qu&#8217;un objectif : tenter de masquer les échecs de M. Sarkozy, et de faire oublier les turpitudes de ses amis.<br />
Face à cette rentrée difficile pour les Français, je le dis, devant vous : nous serons là, nous ne laisserons pas faire. Nous ne sommes pas des commentateurs voués à la dénonciation, à la déploration ou à l&#8217;incantation. Nous sommes l&#8217;opposition qui entend être demain la majorité. Nous avons choisi de servir l&#8217;intérêt général, supérieur à chacun de nous, et de servir la France, notre pays que nous aimons tant. Nous sommes malheureux de le voir à ce point abîmé par une certaine droite et nous sommes désireux de le relever avec toute la gauche et, au-delà, avec celles et ceux que rassemblent une certaine vision de la nation, un amour commun de la République, un attachement à l&#8217;éthique en politique. Oui, nous sommes et nous serons aux côtés et au service des Français.<br />
***</p>
<p>Des Français inquiets et en colère</p>
<p>Nous sommes force de proposition et de mobilisation, et nous agirons dès cette rentrée, qui est à l’image de ce que la France endure depuis trois ans. Pour savoir ce que ressentent nos compatriotes, nous n’avons pas besoin de sondages d’opinion! Nous le savons : de l&#8217;inquiétude bien sûr, de la colère, de plus en plus souvent.</p>
<p>Inquiétude avant tout parce que notre pacte social est attaqué</p>
<p>Une certaine conception de la solidarité nationale est mise à mal comme jamais. Menaces sur les retraites par répartition, dégradation de notre système de santé, démantèlement des services publics, outremers oubliés. Jamais depuis 1945 une telle casse n&#8217;a été opérée par un Gouvernement contre les citoyens, et d&#8217;abord les plus modestes et les classes moyennes!<br />
Après les retraites, un autre chantier de démolition est fixé par l&#8217;actuelle majorité : celui de la dépendance. Là aussi, les perspectives sont inquiétantes : la droite s’apprête à enterrer l’idée selon laquelle la perte d’autonomie doit être compensée par la solidarité nationale. Ce seraient désormais aux assurances privées de s’en charger : privatisation des profits, mutualisation des coûts, voilà ce qui est programmé. Marguerite Yourcenar disait « qu’on pouvait juger de la qualité d’une civilisation à la manière dont elle prend soin de ses anciens ». En effet, nos aînés méritent plus que la compassion. On leur doit de la reconnaissance et du respect. Ils doivent être au cœur même du pacte social.<br />
C&#8217;est là aussi une certaine idée de la France qui est foulée aux pieds. Les inégalités s&#8217;accroissent, les injustices aussi. Des Français entendent des ministres leur dire qu&#8217;ils ne méritent pas d’être Français. D&#8217;autres comprennent qu&#8217;ils ne le deviendront jamais pleinement : comme si, dans notre pays, entre stigmatisation et discrimination, il n&#8217;était pas possible, pas souhaitable, de faire une même nation!</p>
<p>L&#8217;inquiétude, les Français l&#8217;éprouvent aussi devant l’ampleur de la crise qui, malgré les fables gouvernementales, n&#8217;est pas derrière nous.</p>
<p>Les Français, comme les autres peuples du monde, ont assisté médusés au naufrage d’un système et à son sauvetage in extremis. Il fallait sauver les banques et les établissements financiers qui n&#8217;avaient plus un sou. Pour éviter la banqueroute, les Etats ont donc injecté des centaines de milliards d’euros, de dollars, de yens, de yuans, dans la machine.<br />
Comme les autres peuples, les Français ont constaté que les apprentis sorciers de la finance – banquiers, traders – passaient à travers les gouttes de la tempête qu&#8217;ils avaient provoquée. En quelques mois, les rémunérations et les bonus sont redevenus immenses, obscènes. La spéculation a repris de plus belle. Et les promesses de régulation du système financier international ont été vite oubliées. Pour une infime minorité, la crise fut un soubresaut vite dépassé. Pour la majorité de nos concitoyens; elle reste une réalité.</p>
<p>Inquiétude enfin, pour soi-même et pour ses enfants, pour aujourd&#8217;hui et pour demain, parce que l’urgence écologique n’est pas suffisamment prise en compte.</p>
<p>On sait, ici, en Poitou-Charentes avec les conséquences dramatiques de la tempête Xynthia, le prix à payer lorsque l’homme méprise la nature. Marée noire dans le golfe du Mexique, mousson meurtrière en Asie, incendies monstres en Russie, inondations au Pakistan et en Chine : si l’accumulation des catastrophes naturelles n’est pas le seul fait de l’homme, le système économique actuel du « toujours plus de rentabilité, toujours moins de règles » &#8211; démultiplie les risques.<br />
Les biens collectifs, l&#8217;air, l&#8217;eau, la biodiversité, les paysages, sont devenus des marchandises comme les autres : on les achète, on les use, on s&#8217;en débarrasse. Cette logique apparaît de plus en plus destructrice. Après l&#8217;échec de Copenhague, un sursaut s&#8217;impose. L&#8217;homme se menace : le séparer de sa cupidité n&#8217;est pas une lubie doctrinale, c&#8217;est un impératif vital.<br />
De la France, on attend qu&#8217;elle sorte les autres puissances de leur léthargie, qu&#8217;elle trace un horizon et qu&#8217;elle l&#8217;emprunte. Il y a eu un Grenelle, que dis-je deux « Grenelle de l&#8217;environnement », et puis plus rien. M. Sarkozy lui-même a baissé le pavillon vert de l&#8217;UMP en affirmant : « l&#8217;environnement, ça suffit ». A Copenhague hier, à Cancún demain, comment la France pourrait-elle être crédible ?</p>
<p>Oui, les Français sont inquiets, et leur inquiétude se change en colère quand ils songent au bilan de N. Sarkozy</p>
<p>« Deux français sur trois ». C’était jadis le rêve de Valéry Giscard d&#8217;Estaing. M. Sarkozy l&#8217;a concrétisé, mais à sa façon : il a réuni deux français sur trois&#8230; contre lui ! Il faut dire qu’il y a mis du sien. Trois ans d’échecs, trois ans de mensonges, trois ans de dérapages. Ce n&#8217;est pas une présidence, c&#8217;est une épreuve.<br />
- Oui, une épreuve pour la France et les Français, que cette gestion calamiteuse de l’économie. Il n’y a pas d’autres mots. Le Président et son gouvernement ne sont certes pas responsables de la crise qui a frappé la planète. Mais ils sont comptables du fait que la France s&#8217;en sort moins vite et plus mal que beaucoup d’autres. Regardez nos voisins allemands : 7,5% de chômage, contre 10 % de chômage chez nous alors que nous étions au même niveau avant la crise. Que dire de la croissance : 1,5 % en France et 3% outre-Rhin cette année. Voilà la réalité.<br />
Les Français doivent le savoir, il y a une facture de la crise, mais il y a aussi une ardoise Sarkozy. La France était en récession avant même le déclenchement de la crise à l&#8217;automne 2008. Une fois la crise déclenchée, le gouvernement n’a pas su agir comme il le fallait : plan de relance tardif et mal ficelé, sauvetage des banques sans contreparties, emprunt poussif et approximatif, recherche oubliée, entreprises publiques délaissées : oui, M. Sarkozy fait perdre du temps et des places à l&#8217;économie française.<br />
La gestion calamiteuse, c&#8217;est aussi celle de nos finances publiques. « Les caisses sont vides » : cet aveu du président de la République date de&#8230; janvier 2008, six mois avant la crise. C’est vrai, mais c’est le boulet originel de la loi TEPA, acte fondateur et fossoyeur du quinquennat, qui a endetté la France sans apporter la croissance promise. Jamais les finances publiques n’ont été dans un état aussi lamentable. Comme toujours, la droite a laissé filer les déficits en multipliant les mesures clientélistes : allègements fiscaux consentis en 2007 et 2008, baisse de la TVA dans la restauration, et bien sûr bouclier fiscal. Si le déficit et l&#8217;endettement étaient des disciplines olympiques, M. Sarkozy ramènerait des médailles à la France ! Mais pour l&#8217;heure, ce n&#8217;est pas de l&#8217;or mais du plomb qu&#8217;il met aux pieds du pays !<br />
 M. Sarkozy promettait la rupture. La réalité, c’est la cassure. Cassure économique et financière. Cassure aussi entre ses promesses et les résultats.En 2007, M. Sarkozy avait axé sa campagne sur l’augmentation du pouvoir d’achat, la lutte contre l’insécurité, la République irréprochable. Trois ans après, le chef de l&#8217;Etat est rattrapé par son bilan.<br />
- Le pouvoir d’achat ? Il est en berne. On nous avait promis : « travailler plus pour gagner plus ». Nos compatriotes -en tout cas ceux qui ont un emploi-, constatent amèrement que le candidat élu s’était trompé d’adverbe.  Travailler plus longtemps pour gagner moins : voilà désormais la réalité pour les salariés!<br />
- L’insécurité ? Elle gagne du terrain. C’est le Président de la République lui-même qui a dressé le plus implacable réquisitoire contre sa politique en matière de sécurité. C&#8217;était il y a tout juste un mois, à Grenoble. Avec une clairvoyance qui ne lui est pas coutumière, il a fustigé les échecs d&#8217;une décennie de mesures sécuritaires… qu’il a toutes inspirées et d&#8217;une trentaine de textes&#8230; qu&#8217;il a tous voulus ! Puis il a promis, pour l&#8217;ixième fois, qu’il était temps d’en finir avec les gangs, les voyous, la violence. Sarkozy et l’insécurité, c’est un peu comme le début de la pièce de Beckett : « Fini. C’est fini. Ça va finir. Ça va peut-être finir ». Bref, ça n’en finit pas de finir. En attendant, la délinquance augmente et les agressions contre les personnes aussi.<br />
- La république ? Elle est abimée.Abîmée par la remise en cause du pacte social, l&#8217;explosion des inégalités, l’opposition des Français entre eux. Abîmée par les comportements de M. Sarkozy et de ses amis. Il y a un fil rouge entre le dîner du Fouquet’s avec les alliés du CAC 40 le soir de l&#8217;élection, le séjour inaugural sur un yacht luxueux croisant en mer de Malte, l&#8217;augmentation du salaire du président et des ministres, les voyages ostentatoires, l&#8217;invraisemblable bouclier fiscal pour les plus fortunés, sans oublier la constitution d’« un premier cercle » de donateurs autour de l’UMP rassemblant les meilleures fortunes du pays avec pour collecteur en chef, le ministre du budget alors trésorier du parti présidentiel. Ce qui est malsain dans tout cela, c&#8217;est le goût, c&#8217;est l&#8217;omniprésence, c&#8217;est l&#8217;obsession de l&#8217;argent.<br />
Candidat, M. Sarkozy promettait la République de Jaurès ; Président, il exhume la société de Balzac! Le sens de l&#8217;intérêt général a disparu. En témoigne l&#8217;affaire Woerth-Bettencourt qui éclaire d&#8217;un jour nouveau la sacro-sainte défense par le Gouvernement du « paquet fiscal », ainsi que la reprise en main de la justice : n&#8217;oublions pas qu&#8217;à ce jour, il n&#8217;y a eu ni dépaysement de l&#8217;affaire, ni saisine d&#8217;un juge d&#8217;instruction pour faire la lumière en toute indépendance.<br />
Voilà une affaire gigogne qui met en évidence la collusion entre la droite et les milieux d’affaires, le glissement permanent vers les conflits d&#8217;intérêts, la pratique régulière du mélange des genres, le recours généralisé à la flibuste juridique à travers la démultiplication des micro-partis dans l’orbite de l&#8217;UMP, les échanges de services sonnants et trébuchants.<br />
- Abimée, la République l’est aussi par les déclarations et les décisions qui ont émaillé l’été.Des mots forts, des mots justes, parfois des mots durs, ont été utilisés par celles et ceux que le chef de l&#8217;Etat n&#8217;a pas seulement choqués, mais blessés. Plus qu&#8217;un mot, je veux dire un sentiment, celui que je ressens au plus profond de moi, comme responsable politique et comme citoyenne française : cet été a été un été de honte pour notre pays, cette attitude n’est pas digne du Président de la République française.<br />
Oui, il est indigne de montrer du doigt les gens du voyage et les Roms, qui plus est avec des amalgames. Faut-il rappeler que les gens du voyage sont pour la plupart des Français à part entière? Qu&#8217;en démocratie, dès lors qu&#8217;on respecte la loi, avoir un mode de vie différent n&#8217;est pas un délit? Il existe des règles, souvent bafouées en France, comme le rappellent régulièrement les institutions européennes, pour leur permettre de vivre décemment et qui doivent être respectées. Voilà ce que l’on attend d’un gouvernement responsable.<br />
Quant aux Roms, faut-il rappeler qu&#8217;ils sont l’objet de toutes les persécutions en Europe depuis au moins cinq siècles ? Faut-il rappeler qu’à travers les âges, ils ont toujours constitué l’objet de peurs et de haines irrationnelles ? Et que jouer de ces peurs et sur ces haines, c’est abaisser notre République. Les Roms sont des Européens et quand ils ont été mobilisés pendant la Seconde guerre mondiale ou pendant la guerre d&#8217;Algérie, il ne venait à l&#8217;esprit d&#8217;aucun républicain en France de leur contester l&#8217;appartenance à la nation. Beaucoup d&#8217;entre eux vivent en France depuis des générations. Les Saintes-Marie-de-la-Mer, où se tient leur pèlerinage annuel, n&#8217;est pas au bord du Danube ni au fin fond des Carpathes : les Saintes-Marie-de-la-Mer, c&#8217;est en Camargue, chez nous, là même où M. Sarkozy, entre les deux tours de l&#8217;élection présidentielle, faisait du cheval devant des photographes …<br />
Alors bien sûr, je suis maire et il arrive que des Roms, comme d&#8217;autres individus, commettent tel ou tel délit : quand c&#8217;est le cas, ils doivent être sanctionnés, comme tout un chacun. Mais s’ils respectent les règles, au nom de quoi leur refuserait-on les droits qui doivent s’appliquer à tous les citoyens de l&#8217;Union européenne ? Ces évacuations brutales, ces charters de Roms sont indignes. Ils sont aussi juridiquement infondés. Le tribunal administratif de Lille a annulé hier quatre arrêtés préfectoraux de reconduites à la frontière, considérant que l’occupation illégale d’un terrain communal ou privé « ne suffit pas à caractériser un trouble à l’ordre public ». Or c’est sur ce fondement qu’étaient ordonnées les expulsions du territoire. C’est toute la politique du gouvernement depuis cet été qui est ainsi désavouée. Et puis, je voudrais rappeler au Président de la République que les Roms se sont eux-mêmes nommés ainsi à Londres en 1971 car Rom signifie « Homme » en hindi. Oui, M. le Président de la République, ce sont des hommes, et ils doivent être traités comme tels.<br />
Indigne aussi cette proposition exécrable de déchéance de la nationalité. Tout criminel est puni pour ses actes, qu’il soit citoyen français de naissance ou par naturalisation. Punir différemment deux citoyens français qui ont commis un même délit, c’est contraire aux valeurs qui sont les nôtres et à la Constitution, la Charte fondamentale de la nation qui je le rappelle affirme : «La France assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion ».<br />
Indigne enfin ce concept de « présumé coupable » remis au goût du jour par M. Hortefeux, qui ne sait pas quoi inventer pour être plus sarkozyste que Sarkozy – et, accessoirement, rester ministre lors du prochain remaniement.<br />
Dans la France de Voltaire, de Hugo, de Zola, de Camus, dans le pays du général de Gaulle et de Pierre Mendès France, dans la nation aussi de Zidane et de Marie N&#8217;Diaye, on ne met pas impunément en circulation des notions aussi nauséabondes. L&#8217;Histoire nous l&#8217;a appris : chaque fois que porte atteinte aux droits d&#8217;un homme ou d&#8217;un groupe d’homme, les droits de tous les hommes sont menacés.<br />
Le rapport publié vendredi par le comité pour l&#8217;élimination de la discrimination raciale de l&#8217;ONU est d’une sévérité, qui malheureusement est justifiée. Il ne dit pas autre chose que ce que nous disons.<br />
J&#8217;avais eu l&#8217;occasion de le dire, lors du débat sur « l&#8217;identité nationale » : il est à la fois attristant et inquiétant que le chef de l&#8217;Etat ait oublié que sa fonction, sa mission, consistent à veiller sur les fondements de la République et non à les briser. On ne gouverne pas la France en divisant les Français. Le sens et la noblesse de la politique, c’est au contraire de les rassembler pour bâtir un avenir commun. M. Sarkozy oppose, il divise, il déchire. En cela, il accroît les tensions, il alimente la violence et l&#8217;insécurité. Dans l&#8217;Hexagone, les citoyens sont consternés. A l&#8217;extérieur, le reste du monde est sidéré. La France voit son image écornée.<br />
La dureté du quotidien et la peur du lointain nourrissent une désespérance individuelle et collective. « A quoi pourrais-je me raccrocher alors que mon pays est en train de décrocher ? », voilà ce que chacun ressent, à sa façon.<br />
*<br />
Nous devons être la hauteur pour incarner le recours tant attendu. Nous le savons, les Français se tournent à nouveau vers nous. Nous l’avons mesuré notamment lors des élections régionales car ils nous retrouvent enfin unis et tournés vers eux. Mais comment ne pas mesurer aussi la résignation qui grandit, s’exprimant dans le silence des urnes ? Comment ne pas voir la jeunesse se détourner de la chose publique par dépit autant que par rejet ? Comment ne pas s’interroger sur ces voix ouvrières qui se portent vers le Front national ou se réfugient dans une abstention? Comment ne pas s’alarmer du phénomène de relégation, toujours plus fort, dans nos quartiers, associé à un retrait démocratique ?<br />
Autant de réalités que nous constatons et dont nous comprenons les causes. Les périodes de crise sont marquées par l&#8217;absence de perspectives, donc par des mouvements de repli. Quand tout va mal, dans sa vie comme pour le cours du monde, quand les protections collectives reculent, c’est le réflexe de survie qui prend le dessus. On cherche à s’en sortir, la tête hors de l’eau, seul contre tous. On ne pense pas au voisin ni au lendemain.<br />
A cette désespérance, s’ajoutent les peurs agitées par la droite. A nous – c&#8217;est notre plus grand défi d&#8217;ici 2012 – de convaincre les Français qu’une autre société est possible, qu&#8217;un autre avenir est à construire. La droite veut tuer l’envie d’avenir, veut désenchanter l’avenir. Elle veut priver les Français du droit d&#8217;espérer. C’est, croit-elle, le meilleur moyen de garder le pouvoir.<br />
Nous devons, nous la gauche, montrer aux Français qu’une autre France est possible. Une autre France qui porte haut les valeurs auxquelles ils croient. Une autre France avec d&#8217;autres choix, donc d&#8217;autres résultats. Redonner cette envie d’un avenir collectif, c’est l’enjeu des mois qui viennent et, je le dis devant vous, c&#8217;est mon devoir de Première Secrétaire du Parti Socialiste, c’est le devoir de tous les socialistes, c’est le devoir de toute la gauche.<br />
***<br />
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<p>Ensemble, une autre France est possible</p>
<p>Nous ne manquons pas de pugnacité pour y parvenir, et il nous en faudra pour faire échec à la politique de la droite. Il faut saluer l’action volontaire et vigilante de nos groupes parlementaires, à l’Assemblée comme au Sénat. Il faut saluer l’action quotidienne de proximité et de préparation de l’avenir de nos maires, de nos conseillers généraux et régionaux.<br />
S’opposer, c’est aussi mobiliser, relayer les aspirations du mouvement social, leur donner un débouché politique. En cela, la rentrée sociale sera décisive. La réforme des retraites n’est pas un sujet parmi d’autres. Elle engage une conception de la société : elle est un enjeu de civilisation. Nous avons commencé à mener la bataille dans l’hémicycle, nous la mènerons dans la rue, aux côtés des syndicats et des salariés. C’est aussi notre place.<br />
Mais en 2012, nous ne voulons pas seulement une victoire par défaut parce que le pays ne voudrait plus du sarkozysme. Combien de Français se disent : « Depuis que je vote, j&#8217;ai souvent voté contre quelqu&#8217;un ou contre quelque chose. Est-ce qu&#8217;un jour, je vais pouvoir voter pour ? Pour un idéal, pour un projet, pour une équipe, pour une façon de faire de la politique ». Il faut répondre à cela : pour nous la politique consiste à régler les problèmes des gens, et non à régler des comptes avec le camp adverse. Nous ne voulons pas le pouvoir pour le pouvoir, mais le pouvoir pour porter l&#8217;espoir.<br />
Oui, nous devons en effet être, pour nos concitoyens, le parti d’un nouvel espoir et d’un nouveau départ. Pour bâtir avec eux, une autre France. Cette autre France, je voudrais vous en donner quelques traits.</p>
<p>Notre France, c&#8217;est une France qui<br />
retrouve sa voix et son poids en Europe et dans le monde<br />
Nous regardons les choses en face : le monde s&#8217;est décentré dans le Pacifique, autour de la Chine et de l’Amérique, mais aussi avec de nouvelles puissances émergentes ; les risques de prolifération nucléaire n&#8217;ont jamais été aussi grands ; des conflits d&#8217;un genre nouveau apparaissent avec pour enjeux l&#8217;alimentation, les matières premières, l&#8217;environnement ; le terrorisme est désormais la menace centrale pour la sécurité.<br />
Nous savons aussi &#8211; la crise nous l’a montré- que des règles doivent être édictées au plan européen et mondial pour contrôler et maîtriser la finance. De même l’enjeu du climat et la rareté des ressources imposent des réponses collectives.<br />
Surmonter ces difficultés est un des enjeux majeurs de 2012. Dans ces domaines aussi, dans ces domaines hélas, la présidence de M. Sarkozy oscille entre le dérisoire et l&#8217;illusoire. Il faut donc nous mettre, nous la gauche, en situation d&#8217;agir. C’est la raison pour laquelle notre convention sur les questions internationales et européennes – qui débutera dans quelques jours – est particulièrement importante.<br />
Pour l’Europe d’abord. Cette Europe qui nous a tant apporté, synonyme hier de progrès et porteuse parfois aujourd’hui d’une image de régression. Nous ne pouvons pas nous résigner à cela. Redonner un cap et un sens au projet européen constituera l&#8217;un des piliers de notre projet car il n&#8217;y a pas de France forte dans une Europe faible. D&#8217;ores et déjà, des principes doivent orienter nos propositions. L’euro a été fait sans Europe économique et sans Europe sociale. L’Europe n’a alors avancé que d’un pied. L’Europe doit porter haut des nouvelles politiques qui préparent l’avenir : la recherche, l’énergie, les infrastructures, la défense. Il faut une volonté et de la solidarité, qui a tant manqué, comme on l’a vu récemment dans la crise grecque. Il nous faut mettre nos pas dans ceux de Jacques Delors qui disait : « L’Europe, c’est la concurrence qui stimule, la coopération qui renforce, la solidarité qui unit ». Force est de constater que seul le premier terme a été pleinement mis en place. Soyons les fers de lance d’une Europe politique, sociale, durable, porteuse d’un juste échange et défendant ses valeurs partout dans le monde.<br />
Il nous faut une autre Europe, pour un autre monde. Pour plus de paix, mais aussi pour plus de justice et plus d’égalité, il nous faut repenser le multilatéralisme. Il faut conforter l’ONU au centre du système international. Nous la voulons plus démocratique dans son fonctionnement, plus efficace dans ses actions. Mais il faut dès maintenant donner des compétences, des moyens supplémentaires et une meilleure représentativité au FMI et à l’OMC.<br />
Face aux grandes régions mondiales d’Amérique et d’Asie, l’Union Européenne et la France doivent se donner pour ambition de construire avec le Sud de la Méditerranée, et à terme avec l’Afrique, un ensemble régional qui pèse dans le monde et qui soit capable de défendre ses intérêts et ses valeurs. Nous voulons uneUnion euro-méditerranéenne, puis euro-africaine, qui porte des projets capables de relever les défis qui nous sont communs : la sécurité alimentaire, le climat, l’eau, l’énergie, les migrations, la formation et le développement durable.<br />
Et puis, la parole de la France doit être claire : une stratégie claire, c&#8217;est celle que nous devrons avoir par exemple en Afghanistan! Cette semaine, deux de nos soldats ont été tués et trois autres ont été blessés. Je salue leur mémoire. Dans chaque pays concerné par l’engagement militaire en Afghanistan, un débat démocratique a eu lieu. Pas chez nous. Nous redisons avec force que notre implication était justifiée par la mise en place d’une administration et d’une armée afghane solide, et par une aide apportée à la population civile. Aujourd’hui, ces objectifs ont été oubliés pour laisser la place à la seule chasse aux talibans. La population afghane rejette les troupes de la coalition comme des troupes d’occupation. Nous dirons clairement que notre présence ne se justifie pas si nous n’aidons pas le peuple afghan. Je veux dire aussi que nous n’oublions pas les deux journalistes de France 3, Hervé Ghesquière et Stéphane Taponier, retenus en otage en Afghanistan. Penser à eux et le dire comme nous le faisons ici à la Rochelle, c’est mener le combat pour leur libération.<br />
Au Proche-Orient, le processus de négociations directes ouvert entre les Israéliens et les Palestiniens, arraché de haute lutte par le Président Obama, reste fragile. Raison de plus pour que la France mette tout son poids pour appuyer les efforts en faveur de ces négociations et d&#8217;une solution permettant la création d&#8217;un Etat palestinien viable et garantissant le droit à la sécurité d&#8217;Israël.<br />
Nous revendiquerons notre tradition de patrie universelle des droits de l’homme notamment en défendant la séparation du politique et du religieux : je le dis avec force, la laïcité est le talisman pour combattre les obscurantismes – qui ne se réduisent pas à l&#8217;islamisme –, et la France est la mieux à même d&#8217;offrir au monde le joyau laïque. La France des Droits de l’Homme, c’est aussi une France qui prend la tête de la mobilisation pour sauver Sakineh Astiani, condamnée à une peine barbare par le régime iranien.<br />
La France n&#8217;est pas une petite nation. Elle est une nation universelle ou, comme l&#8217;a si bien dit Robert Badinter, « la France est plus grande que la France ». La France n’est jamais aussi belle et aussi forte que quand elle rayonne au service de la paix, de la liberté et du dialogue des cultures. En 2012, les Français éliront un ou une Présidente capable de voir la France en grand.</p>
<p>Notre France, c&#8217;est une France où l&#8217;efficacité redonnera confiance dans la politique : pour l’économie, contre l’insécurité</p>
<p>La France a besoin de retrouver l&#8217;efficacité économique.</p>
<p>Nous le savons : il n’y a ni emploi, ni redistribution s’il n’y a pas création de richesses. Mais on ne créera pas de richesses dans le monde d&#8217;après la crise, grâce aux dogmes d&#8217;avant la crise. Nous sommes prêts à proposer une autre voie économique à la France. Nous en avons actés les orientations.<br />
La France a des atouts magnifiques : géographiques, culturels, économiques, d&#8217;infrastructures, technologiques. Ses dirigeants ne les exploitent pas. Sans compter le formidable gisement humain que constitue la jeunesse, notamment celle des quartiers populaires qu&#8217;une partie des élites doit cesser de considérer comme un fardeau, voire comme une menace : cette jeunesse, c&#8217;est la chance de la France !<br />
Malgré ces atouts, notre pays perd des places dans la compétition mondiale. Pour que la France ne sorte pas des radars du monde, d&#8217;autres choix sont indispensables.<br />
- Nous sauverons et nous développerons notre base industrielle. Aujourd&#8217;hui, elle se désagrège. Nous accompagnerons les grands champions nationaux dans leurs mutations et leur expansion. Nous ferons émerger, je l&#8217;ai dit, les entreprises de taille intermédiaire qui nous font défaut à l&#8217;export. Nous soutiendrons nos PME et leurs gisements d’emplois. Nous conforterons nos pôles d&#8217;excellence. Nous relèverons le défi économique et écologique des énergies.<br />
- Nous ferons le choix de l&#8217;innovation : le soutien de la recherche et de l’université n&#8217;est pas une priorité de l&#8217;actuel Gouvernement alors qu&#8217;il faut fixer en France les « pépites » de la croissance du futur. Nous soutiendrons le développement des entreprises innovantes, notamment dans le secteur des bio-, nano-, green-, technologies de l’information dont les déclinaisons concernent toute l&#8217;économie.<br />
- Nous voulons aussi une France où le travail est valorisé et les travailleurs respectés. Notre société de la pseudo-performance s’est fait une doctrine de la mise sous pression des individus, réputés alors plus efficaces. Cette voie est une impasse ! Individuellement, elle crée des souffrances intolérables. Collectivement, une société sous pression est une société stérile, incapable de créer, d’innover, de prendre des risques. La souffrance est là, pas la performance. Nous devons engager une reconquête de la valeur du travail.<br />
Revaloriser le travail, c’est faire en sorte que le travail permette de vivre correctement, c’est combattre la précarité et rendre possible la progression professionnelle tout au long de la vie, c’est permettre à chacun d’avoir une utilité sociale et donc d’exister par son travail, c’est assurer l’égalité entre les hommes et les femmes. Comment ne pas le rappeler deux jours après le 40ème anniversaire de la création du MLF ?<br />
- Nous mettrons de la justice dans la distribution des revenus, en commençant par agir sur le levier de la fiscalité. Nous supprimerons la redistribution à l’envers symbolisée par le bouclier fiscal et nichée dans de multiples avantages aussi labyrinthiques qu’injustes. Nous procéderons à une refonte des impôts directs dans un impôt citoyen sur le revenu plus juste parce que plus progressif et plus lisible. Nous réformerons l&#8217;impôt sur les sociétés pour favoriser le réinvestissement des bénéfices. Nous bâtirons une fiscalité locale autonome, efficace et permettant la péréquation.<br />
Et bien sûr, dans la production, dans la distribution, dans la consommation, dans la fiscalité, nous mettrons en oeuvre les transformations écologiques nécessaires tant de fois annoncées et jamais réalisées.<br />
Tout ceci est au cœur du nouveau modèle de développement social-écologique que nous avons adopté en mai dernier. Celui que nous mettrons en œuvre en 2012 si les Français le décident. Il implique de nouvelles politiques au niveau national &#8211; une politique industrielle digne de ce nom, une grande réforme fiscale, une sécurité sociale professionnelle- mais aussi au plan européen et mondial : une régulation du système financier, un gouvernement économique de l&#8217;Europe, une mobilisation des armes commerciales pour imposer un juste échange économique entre les nations.</p>
<p>Efficaces, nous le serons aussi contre l&#8217;insécurité. Oui, une autre France, c&#8217;est aussi une France plus sûre.</p>
<p>Je le dis avec solennité et avec gravité : le président de la République a choisi la polémique ; nous choisissons la politique ; le gouvernement souffle sur les braises, nous voulons les éteindre ; M. Sarkozy a choisi le pugilat, nous voulons les résultats.<br />
Pour faire reculer la violence qui saisit la société, les responsables politiques doivent eux-mêmes renoncer à la violence des mots pour préférer la pertinence des actes. C&#8217;est dans cette perspective que je me situe.<br />
La violence est une réalité dans nos sociétés et les citoyens la vivent d&#8217;autant plus durement qu&#8217;ils ont l&#8217;impression d&#8217;une impuissance collective face à elle. Face à certains actes, un sentiment de pure horreur nous saisit. Mais nos sociétés modernes ont développé une forme de violence nouvelle.<br />
Trente ans de chômage de masse, de ghettoïsation urbaine, de déstructuration familiale, de dévalorisation des institutions chargées de dire le permis et le défendu, de montée en puissance de l&#8217;individu au détriment du citoyen, des valeurs marchandes au détriment des valeurs humaines – voilà le terreau de la violence.<br />
Mais nous le savons : la violence ne peut jamais se justifier. Dans une démocratie, les inégalités ou les injustices se combattent par le droit, par le travail, par le mérite, par l&#8217;effort, par l&#8217;engagement. Pas par le manquement aux règles collectives ou le manque de respect que l&#8217;on doit au professeur dans sa classe, à la personne âgée dans son immeuble, à la femme assise seule au fond de son bus.<br />
Face à cette situation, la politique actuelle est un échec complet. Car comment qualifier autrement le bilan de M. Sarkozy ? Huit ans qu’il est en charge du dossier, trois ans qu&#8217;il se trouve au plus haut sommet de l&#8217;Etat, et la situation ne cesse d&#8217;empirer. Le bilan est mauvais parce que la politique menée est mauvaise.<br />
Mauvaise politique, la réduction des effectifs qui se traduit par une moindre présence des forces de l&#8217;ordre sur le terrain, par la dégradation de leurs conditions de travail, par la privatisation de la protection. Mauvaise politique qui ne donne pas à la justice les moyens de traiter dans de bonnes conditions chaque acte délictueux. Mauvaise politique aussi que la politique du chiffre qui consiste à enregistrer des plaintes en masse ou à sortir des délits des statistiques afin d&#8217;obtenir une amélioration optique de la sécurité. Mauvaise politique enfin que le changement de nature des missions de la police : proximité, prévention et renseignement ont été bannis, au profit des interventions spectaculaires ponctuelles. La BAC et les CRS interviennent, puis s&#8217;en vont. Alors, tout recommence ensuite comme avant, mais en pire. La gravité, ce n&#8217;est pas seulement l&#8217;inefficacité, c&#8217;est aussi le fossé creusé entre la population et sa police.<br />
Pour avoir des résultats, il faut une autre politique. C&#8217;est pourquoi nous proposons un pacte national de sécurité publique, que nous détaillerons lors du forum sur l&#8217;autorité, la sécurité et la citoyenneté organisé avec nos élus locaux et les acteurs de terrain, le 2 octobre prochain. Il n&#8217;y a pas de fatalité à l&#8217;impuissance publique face à la délinquance. Des réponses existent, mais aucune n&#8217;est miraculeuse. Toutes doivent être conjuguées sur la durée.<br />
Dans nos villes, nous sommes au premier rang. Nous savons de quoi nous parlons. Des expériences très innovantes sont conduites localement par nos élus, je pense à « l’office de tranquillité » à Toulouse, au dispositif de « risposte graduée » à Aulnay-sous-Bois, aux « citoyens référents à Aubervilliers », « aux cellules de veille » à Lille, à la « maison des parents » désorientés face à la violence d’un enfant à Bondy, au «groupe opérationnel contre la violence en bande à Sarcelles », à « l’éducation à la citoyenneté » à Créteil, mesure judiciaire pour les mineurs de 13 à 18 ans initié par la ville et le juge des enfants. Nous tirons les enseignements de toutes ces expériences pour inventer une nouvelle politique de sécurité avec l’exigence impérative de résultat. Aucune approche n’est exclue.<br />
La prévention, sans laquelle il n’y a pas de succès durables et qui pourtant a été totalement abandonnée aujourd’hui. L’éducateur doit avoir sa chance avant le procureur. Nous doterons chaque département d’un « programme local de prévention de la délinquance juvénile » mobilisant tous les moyens publics éducatifs.<br />
La dissuasion, qui nécessite une nouvelle doctrine d’emploi de la police et de la gendarmerie adaptée à l&#8217;éventail de la délinquance et de nouveaux moyens. Nous rétablirons une police de quartier, proche des populations, sachant agir vite et bien par une connaissance fine du tissu local. Nous donnerons à la police les moyens nécessaires pour assurer ses missions, et d’abord les moyens humains en les adaptant aux besoins, mais aussi les moyens technologiques d’une police moderne. Les forces de l’ordre – police et gendarmerie – aujourd’hui en proie au doute, ont besoin d’être soutenues, respectées, leurs missions clarifiées et le lien de confiance avec les Français restauré.<br />
J’ajoute que les attaques par armes à feu dont sont victimes les forces de l&#8217;ordre viennent rappeler une triste réalité : la circulation des armes, y compris celles de gros calibres, a pris des proportions très inquiétantes en France. Nous ferons une loi pour mieux contrôler les ventes d’armes et leur usage et renforcer la lutte contre le trafic d’armes.<br />
Prévention, dissuasion mais aussi sanction. Rien n&#8217;est plus insupportable pour la population – et pour les victimes – que de voir le ou les auteurs d&#8217;un délit se balader, toiser la police, faire figure de héros pour les plus jeunes. Nous serons aussi attentifs à la réparation due aux victimes, trop souvent négligée en France. Mais surtout, nous voulons que tout acte de délinquance ou d’incivilité donne lieu à une sanction proportionnée et juste. Il faut construire un éventail de réponses graduées, adaptées à chaque situation. Il faudra donner les moyens pour les mettre en place.<br />
Il est temps de mettre en place toutes ces réponses dans notre pays pour une vraie efficacité : par exemple, des travaux éducatifs d’intérêt général dans les établissements scolaires, le développement de travaux d’intérêt général. Au Pays-Bas, lorsqu&#8217;un jeune est arrêté par la police parce qu&#8217;il a commis une « petite » infraction, il est envoyé au bureau Halt – « l’alternative »-  de sa commune, où on lui propose de réparer directement sa faute.<br />
Lorsque c’est plus grave, ou lorsqu’il y a récidive, il nous faut repenser des mesures d’éloignement ou de placement dans des centres d’éducation ouverts ou fermés. L’Allemagne par exemple a créé récemment une nouvelle peine de formation obligatoire en milieu fermé et de suivi post-carcéral pour les jeunes délinquants récidivistes de dix à dix-sept ans.<br />
Les fauteurs de troubles doivent être sanctionnés mais aussi repris en main pour être recadrés et éduqués : il n’y a pas de politique de sécurité efficace durablement qui négligerait le maillon de la réinsertion.<br />
Sur tout cela, prévention, dissuasion, sanction, réinsertion, nous mettrons de la raison et des moyens là où l&#8217;UMP met de la stigmatisation, nous en appellerons au rassemblement des Français plutôt qu&#8217;à la tension entre territoires et communautés. Nous montrerons qu’en matière de sécurité, la crédibilité a changé de camp.<br />
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<p>Notre France, c&#8217;est aussi une France qui donne sa chance à chacun et qui construit le vivre-ensemble</p>
<p>Nous ne voulons pas seulement rendre la société vivable, nous voulons la rendre meilleure.<br />
Nous ne voulons plus d’une société qui relègue les plus pauvres hors de la cité, qui oublie les plus âgés, qui humilie les plus faibles. Davantage de respect, de reconnaissance, de soin, cela implique une attention vis-à-vis de chacun, mais aussi la responsabilité de chacun à l’égard des autres.<br />
Permettez-moi de dire quelques mots sur nos priorités en la matière : l’éducation, la ville du XXIe siècle, mais aussi la responsabilité vis-à-vis de chacun.</p>
<p>La société doit garantir l’égalité réelle pour permettre à chacun de maîtriser sa vie</p>
<p>La société doit donner à chacun les moyens de réussir sa vie. Dans ce domaine comme dans d’autres, nous portons une nouvelle vision de l&#8217;action publique : des services publics personnalisés, un Etat prévoyant, pour prévenir, et pas seulement réparer. C’est vrai pour la santé, la sécurité et l&#8217;éducation bien sûr.<br />
L’éducation est négligée par le Gouvernement. Les enseignants devraient être au coeur de l&#8217;émancipation, fiers de leur métier, valorisés par la société : or, ils sont maltraités par le gouvernement et vivent un insupportable déclassement. Voilà la réalité dans la France de M. Sarkozy, à trois jours de la rentrée scolaire!<br />
Nous ferons en 2012 de l’éducation la première de nos priorités. L’école doit être repensée dans un grand projet éducatif global avec pour objectif de porter chaque enfant au plus haut de ce qu’il peut faire en élargissant son socle de connaissances et d’expériences, en adaptant les méthodes d’apprentissage et les rythmes scolaires, en assurant des transitions plus douces entre les paliers scolaires que sont l’entrée au collège puis au lycée.<br />
Plusieurs mesures concrètes s’imposent. A titre d’exemple, le passage à quatre jours est universellement critiqué, car cela impose un rythme scolaire incompatible avec la réussite des enfants. Il faut adapter dans chaque école ce rythme à celui des enfants, c’est un des éléments majeurs de la réussite. Nous en débattrons avec les enseignants pour réorganiser leur temps de service.<br />
Autre exemple, il est fou de mettre des enseignants sans formation pédagogique suffisante devant des élèves. Nous ferons de la formation des enseignements une priorité et nous créerons une vraie formation à la pédagogie.<br />
Autre exemple enfin, au collège et au lycée, nous intégrerons un vrai temps d&#8217;étude et de devoirs pour tous, dès la sixième, dans le temps de l&#8217;Ecole. Les inégalités devant les devoirs sont peut-être aujourd&#8217;hui les principales inégalités scolaires, entre ceux qui peuvent être aidés hors de l&#8217;école et ceux qui ne le peuvent pas.<br />
Il nous faut engager cette révolution des services publics, qui dans l’éducation comme dans la santé et le logement, doit apporter à chacun des réponses personnalisées, au nom de l’égalité républicaine qui ne doit jamais justifier des réponses uniformes, anonymes, lointaines.<br />
Encore faut-il que ces services publics soient présents partout sur le territoire. Le monde rural n’a pas besoin des visites et des trémolos du gouvernement, mais d’un remaillage des services publics, d’un aménagement du territoire, idée forte aujourd’hui enterrée. M. Sarkozy parlait d’ouverture ; il a surtout pratiqué des fermetures dans les départements ruraux : hôpitaux, tribunaux, écoles et cet été, prisons…sans solution de remplacement.<br />
Et pour nous, disons-le, l’égalité réelle, c’est quand on assure pour les outremers la continuité territoriale que doit la République. C’est aussi quand on n’attend pas des semaines pour réagir à une terrible épidémie, la dengue, qui vient de faire une vingtaine de morts aux Antilles.</p>
<p>Autre priorité construire les conditions du vivre ensemble dans des villes durables et solidaires.</p>
<p>80% de nos concitoyens vivent en ville. La ville devrait rapprocher et mêler les individus ; actuellement, elle crée de l’isolement et de l’exclusion, et pas seulement dans les banlieues. La ville s’est peu à peu étalée, créant des conditions de vie et de transport difficiles pour les habitants, usant un foncier restreint, noircissant la facture pour les collectivités publiques.<br />
Ce n’est pas seulement en rétablissant des crédits d’intervention – nécessaires – dans les quartiers que l’on réglera les problèmes. La politique de la ville d’hier n’est plus suffisante. Il est temps de penser la ville du XXI° siècle, reconstruire des villes denses et intenses où chaque commune, chaque quartier mêle les différentes fonctions de la vie : logement, activités économique, culture, sport … C’est en y ajoutant la qualité partout – qualité des espaces publics, qualité dans la construction de logements durables, qualité des pôles d’excellence culturels et sportifs partout – que la ville redeviendra vivable et mixte socialement.<br />
C’est aussi en refaisant du logement une priorité. Trois millions de mal logés et le quart du budget des ménages qui part dans le logement contre 11% dans les années 1960, des files d’attentes considérables pour le logement social : la situation est préoccupante. Il faut en finir avec ces crédits logement gaspillés dans des dispositifs de défiscalisation, qui ne font qu’aggraver le problème du logement par la spéculation sur les prix, pour les réorienter sur une politique qui tient en trois mots : construire plus, construire plus social et construire plus durable.<br />
Nous réunirons le 6 novembre des grands élus, des urbanistes, des architectes, des sociologues, pour proposer notre projet sur la ville du 21è siècle.</p>
<p>Une société doit demander à chacun l’attention aux autres.</p>
<p>L’attention aux autres, c’est d’abord le respect des règles et du socle de valeurs qui fondent notre République. Notre idéal, c’est une société solidaire qui prend soin de chacun, où chacun prend soin des autres, et où ensemble, nous prenons soin de l’avenir.<br />
Nous souhaitons une société où chacun, reçoit de la société ce qui lui permet de choisir sa vie et donne aux autres, de son temps, de son expérience, de son énergie. Dans une société, il faut du lien, de la réciprocité, de l’altruisme, de la sollicitude, de l’attention, du soin mutuel, du care pour reprendre le terme anglo-saxon qui englobe un peu tout cela. Ce nouveau rapport des citoyens avec la société qui tourne le dos à l’individualisme et au repli sur soi – j’en ai déjà beaucoup parlé- nous le déclinerons dans toutes les politiques de notre projet.</p>
<p>Et puis, une autre France, c&#8217;est une France où la moralité et l&#8217;exemplarité républicaines retrouveront toute leur place.</p>
<p>Les inégalités se creusent entre ceux qui sont à l&#8217;intérieur du système et ceux qui survivent à la marge ou hors du système, craignant le déclassement ou vivant dans la pauvreté, j’en ai parlé. Dans le même temps, certains de ceux qui exercent des responsabilités oublient l’éthique et l’honnêteté.<br />
Les socialistes et la gauche se doivent de rétablir l&#8217;égalité et l&#8217;exemplarité! C’est d’abord une affaire d’éthique personnelle mais il faut aussi des règles. En établissant une frontière claire entre ce qui est permis et ce qui ne l&#8217;est pas. Pour les ministres : interdiction de cumuler fonctions gouvernementales et partisanes. Pour les parlementaires : non cumul d&#8217;un mandat législatif et de certaines fonctions professionnelles. Plafonnement global des rémunérations privées et publiques des parlementaires. Pour les PDG des entreprises cotées : instauration d&#8217;une échelle des rémunérations.<br />
L’exemplarité, c’est aussi le partage des pouvoirs démocratiques. Partage que nous nous appliquons à nous-mêmes, en tant que parti politique,  avec cette formidable révolution démocratique que seront les primaires, où chacune et chacun pourra s&#8217;exprimer et apporter sa pierre au changement ; avec la limitation du cumul des mandats ; avec l&#8217;exigence du renouvellement, de la diversité et bien sûr de la parité, qui vont oxygéner la vie publique.<br />
Au-delà, c&#8217;est l&#8217;équilibre démocratique qui doit être rétabli. Nous voulons un Parlement qui ne soit plus méprisé, une justice indépendante et égale pour tous. Nous voulons aussi des médias réellement indépendants des pouvoirs politiques ou économiques : de nouvelles règles feront cesser le confusionnisme entre les patrons de grands groupes et le pouvoir. Nous voulons des collectivités territoriales autonomes et respectées. C&#8217;est pourquoi nous allons poursuivre, avec tous nos élus, notre combat contre la réforme gouvernementale et pour défendre nos propositions d’un troisième acte de la décentralisation. Et d’abord le 25 septembre, comme l’a proposé Laurent Fabius, nos collectivités ouvriront leur portes pour montrer que ce que nous défendons, ce sont nos services de publics de proximité.<br />
Partager le pouvoir et équilibrer les pouvoirs, rebâtir une République exemplaire et plus démocratique : tel sera le cœur de notre Forum sur les institutions le 9 février 2011.<br />
***</p>
<p>Notre agenda</p>
<p>Chers camarades,<br />
Nous avons deux ans pour convaincre les Français. Convaincre que nous avons su interpréter l’immense soif de changement qui s’exprime même si sa traduction varie selon les générations, les territoires, les histoires. Convaincre qu’une autre France est possible. Que nous allons la construire pour eux et avec eux. Convaincre que malgré les difficultés du moment, un chemin est possible à condition de dire la vérité, de fixer les priorités.</p>
<p>L’année écoulée a été celle de la reconstruction.</p>
<p>L&#8217;unité et la fraternité retrouvées, mais aussi le travail collectif, reconnu à travers notre succès aux élections régionales, voilà les grands acquis des derniers mois ! Nous avons respecté la feuille de route que nous avions fixée à la Rochelle. Soyez en remerciés ! Mais nous avons encore à faire, nous le savons, pour mériter pleinement la confiance de nos concitoyens. Dès aujourd’hui, je le dis aux Français : nous ne vous décevrons pas, nous serons prêts.</p>
<p>2012, c&#8217;est le rendez-vous majeur avec les Français</p>
<p>La séquence s’ouvrira à l’automne 2011 avec la désignation de notre candidate ou candidat au terme du processus des primaires, qui doit être exemplaire, maîtrisé et mobilisateur. J’invite chacun à respecter cette échéance. Le choix de notre candidat ou de notre candidate ne saurait troubler le travail que nous avons à accomplir dans les prochains mois. Chaque chose en son temps. Songeons à nos athlètes à Barcelone et à nos nageurs à Budapest : seul le collectif met en valeur les individualités. Préférons le travail de fond et le travail d&#8217;équipe, et laissons les emballements et les empressements à M. Sarkozy et à l&#8217;UMP.<br />
Avant 2012, il faut remporter les scrutins de 2011. En mars, les cantonales : elles permettront d&#8217;adresser un carton rouge au Gouvernement alors même qu&#8217;il abandonne les départements qui sont un bouclier social pour les Français. En septembre, auront lieu les sénatoriales : pour la première fois, il n’est pas impossible de faire basculer la Chambre haute. Nous allons nous mobiliser pour gagner ces deux échéances et je serais, avec vous tous, aux côtés de nos candidats.</p>
<p>Avant 2012, il y a 2011, cette année consacrée aux propositions faites aux Français.</p>
<p>J&#8217;en avais pris l&#8217;engagement ici-même il y a un an : aller à la rencontre des Français pour parler de la France qu&#8217;ensemble, nous aimons et nous voulons. Ce fut le tour de France : un succès populaire à chaque étape et un enthousiasme des citoyens qui contraste avec la vision que la droite nous présente de notre pays. Ce Tour de France, nous allons le reprendre, pour débattre de nos idées. C’est ce que nous avons appelé le Forum des Idées : nous avons déjà commencé à Cluny, en apportant au monde agricole qui souffre tant ,les réponses qu’il attend pour construire une agriculture de proximité et de qualité qui soit viable. Nous allons poursuivre avec la ville du XXI siècle, l’autorité et la citoyenneté, la santé, la culture, la recherche et l’enseignement supérieur, les institutions…<br />
Parallèlement, nous construisons les grands axes de notre projet. Cet hiver, nous avons travaillé sur le nouveau modèle de développement social-écologique pour répondre à la crise du capitalisme financier. Dans quelques jours, nous nous réunirons autour de Laurent Fabius et Jean-Christophe Cambadélis pour définir une nouvelle doctrine internationale. En fin d’année, Benoît Hamon structurera notre projet sur l’égalité réelle, reprenant beaucoup des thèmes que j’ai abordés à l’instant qu&#8217;il s&#8217;agisse d&#8217;éducation, de logement, de santé, de transport. Notre rénovation, grâce à Arnaud Montebourg et grâce à vous tous, est en marche.<br />
C’est au printemps 2011 que nous présenterons notre projet dans sa globalité et sa cohérence. Il faudra inscrire nos propositions dans notre projet de société, les hiérarchiser et dire comment nous les finançons. Alors que les ressources publiques se tarissent et que la droite nous laissera une France abîmée avec plus de déficits et de chômage, moins de services publics et de croissance, nous ne devons pas seulement dire à nos compatriotes ce que nous allons faire, mais comment nous allons nous y prendre. Nous sommes la gauche de transformation et de gouvernement : de transformation, nous sommes ambitieux ; de gouvernement, nous sommes sérieux.<br />
 </p>
<p>Rassembler</p>
<p>S’opposer, proposer, oui, c’est essentiel pour l’emporter en 2012. Mais rassembler l’est tout autant. Les Français attendaient de voir les socialistes coude à coude, tournés vers eux. Vous m’aviez donné ce mandat. Nous l’avons fait. Je me suis accrochée à l’union, j’ai multiplié les gestes pour rassembler. Et je voudrais remercier chacun d’entre vous d’avoir rendu cela possible en apportant à notre collectif vos idées, votre engagement et votre enthousiasme.<br />
Et puis bien sûr, nous avons l’ardente nécessité du rassemblement à gauche. Les socialistes ne gagneront pas seuls. La nature de la gauche, c’est sa diversité.<br />
Je me réjouis du nouveau climat qui règne entre nous à gauche. Nous étions divisés aux élections européennes, nous en avons supporté le prix. Nous étions unis aux élections régionales, et nous avons réalisé ce qui était réputé impossible, nous avons progressé.<br />
Nous allons dans la bonne direction, il nous faut poursuivre, car seule une puissante dynamique unitaire à gauche nous permettra de revenir au pouvoir. Parce que notre pays traverse une grande crise, parce que la France est interrogative, la gauche a le devoir de faire bloc pour attirer, être compris et entraîner.<br />
Nous menons avec nos partenaires en parallèle le travail sur le projet et sur les investitures. Pour bien gouverner, il faut une majorité et un projet. La gauche devra, dans les années qui viennent, être, comme le disait Aimé Césaire, « du côté de l&#8217;espérance, mais d’une espérance conquise, lucide, hors de toute naïveté ».<br />
***</p>
<p>Conclusion<br />
Chers amis, chers camarades,<br />
Nous mesurons l’ampleur de la tâche et l’étendue de nos responsabilités. Nous le faisons avec gravité, parce que les chantiers et les difficultés sont innombrables. Nous le faisons aussi -pourquoi le cacher-, avec enthousiasme, car rien n’est plus exaltant que le service de la France et des Français.<br />
Notre ambition s’exprime aussi par cette phrase toute simple, mise en exergue à l’occasion de cette  université d’été. « La vie que l’on veut ». Oui nous voulons continuer à « changer la vie ». Oui, nous croyons à la volonté en politique. Et nous allons commencer dès les prochains jours. Dès le week-end prochain, les socialistes seront sur le pont pour mobiliser les Français pour le grand-rendez vous du 7 septembre qui marquera la rentrée, comme nous nous mobiliserons pour le grand rassemblement citoyen du 4 septembre, à l’occasion du 140ème anniversaire de la proclamation de la République, pour dire « non à la politique du pilori » et pour réaffirmer notre attachement à la liberté, à l’égalité et à la fraternité qui sont et qui resteront notre bien commun.<br />
Notre détermination est entière, notre combativité inentamée, notre ambition immense : nous voulons incarner demain une alternative crédible à la politique de la droite. Les Français doivent le savoir dès aujourd’hui. Nous sommes là à leurs cotés. Nous serons au rendez-vous de 2012. Nous serons prêts pour bâtir ensemble une autre France.</p>
<p><a href="http://www.parti-socialiste.fr/universite-dete/le-direct">Ecouter la video</a></p>
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